Les grands projets d’investissement apparaissent d’une importance cruciale afin de renforcer l’intégration régionale et de soutenir la croissance dans les pays concernés den Afrique centrale.

Ces initiatives, soutenues par les bailleurs de fonds régionaux et internationaux, ainsi que par les partenaires bilatéraux, dont l’Agence française de développement (AFD), ont vocation à réduire le retard persistant en infrastructures énergétiques, de transport ou de télécommunications, à renforcer le capital humain et à affermir le potentiel de développement de la sous-région. Ils peuvent également contribuer à renforcer l’interconnexion entre les États de la CEMAC, d’une part, et avec leurs voisins d’Afrique centrale, d’autre part.

Le déploiement de nouvelles infrastructures interconnectées a progressé en 2019 et au début de l’année 2020

La réalisation du projet de diffusion de la fibre optique Central African Backbone, financé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), s’est ainsi poursuivie dans plusieurs pays de la CEMAC (Cameroun et Gabon notamment).

Le deuxième tronçon de la route qui relie Ketta (Congo) à Djoum (Cameroun) a été inauguré en mars 2020. La construction d’un pont sur le fleuve Logone (Cameroun‑Tchad) a été entamée en janvier 2020 et celle, depuis longtemps évoquée, d’un ouvrage reliant Brazzaville (Congo) à Kinshasa (République démocratique du Congo) devrait être lancée en 2021 avec le soutien de la BAD. Le projet d’interconnexion des réseaux électriques tchadien et camerounais a par ailleurs aussi reçu, au premier semestre 2020, le soutien de la Banque mondiale et de la BAfD.

Dans le cadre du Programme des réformes économiques et financières de la CEMAC (Pref‑CEMAC), les autorités ont identifié onze projets intégrateurs prioritaires. Parmi ces projets, d’un montant global de 2 714 milliards de francs CFA, figurent notamment la construction de deux ports secs à Beloko (Centrafrique) et Dolisie (Congo), l’aménagement de nouveaux axes routiers transnationaux, la production et l’interconnexion de réseaux électriques, l’interconnexion du Cameroun avec ses voisins de la CEMAC par la fibre optique, ou encore la fondation d’une université inter‑Etats. Une campagne de mobilisation des partenaires financiers a été lancée en 2019, avec la BAfD pour chef de file. Une table ronde pour le financement des projets devrait se tenir à Bruxelles, en décembre 2020.

La mise en œuvre des projets fait toutefois face, par endroits, à d’importantes contraintes opérationnelles

Outre l’impact de l’épidémie de Covid‑19, les chantiers peuvent être retardés, pour partie par un contexte sécuritaire dégradé ou un environnement naturel difficile. Mais ce sont généralement des facteurs d’ordre administratif qui sont le plus souvent en cause – planification défaillante, retard dans la libération des emprises des travaux ou le paiement aux entreprises de travaux publics –, soulevant un réel enjeu d’efficacité de la dépense publique.

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