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« Face au choc de la pandémie du Covid – 19, le Gabon affiche une certaine résilience », dixit Jean-Marie Ogandaga

Le ministre gabonais de l’Economie, Jean-Marie Ogandaga.

De passage à Paris, pour le rendez-vous ‘’Paris InfraWeek 2020’’ il y a quelques jours, le ministre gabonais de l’Economie, Jean-Marie Ogandaga a résumé l’impact du Covid-19 sur les perspectives de l’économie nationale.

Selon lui, face au choc de la pandémie du Covid – 19, le Gabon affiche une certaine résilience. Et d’ajouter : « Nous avons été confronté à un deuxième choc économique exogène en six ans ». Et de poursuivre, « La pandémie n’a pas eu de fort impact sanitaire au Gabon, avec seulement 54 décès enregistrés officiellement, dont un seul depuis deux mois dans ce pays de 2 millions d’habitants. Au diapason du reste du continent o ù le Covid a pesé pour… 0,3 % de la mortalité habituelle, sans doute en raison de la jeunesse de la population (4% seulement a plus de 65 ans) et l’immunité par exposition à d’autres pathogènes ».

Selon le membre du gouvernement, « En revanche, l’impact économique a été considérable, via l’effondrement de la demande mondiale de pétrole. L’or noir, dont la production dépasse 220.000 barils par jour, fournit près de 80 % des entrées en devises du Gabon, la majorité des recettes budgétaires et environ 40 % du PIB ».

Face au danger de la rente, Jean-Marie Ogandaga souligne qu’il a fallu s’adapter, comme après l’effondrement des prix de 2014, via une nouvelle rationalisation des dépenses publiques. « D’autant plus que Libreville doit respecter des critères de finances publiques en termes d’inflation (inférieure à 3 %) et d’endettement public (ramené à 58 % du PIB) de par son appartenance à la CEMAC (communauté économique et monétaire d’Afrique centrale) », précise-t-il.

En effet, la croissance espérée de 3,8 % en 2020 sera négative de 0,8 %, voire 1,3 %. Tous les secteurs d’activité ont souffert, du pétrole au bois en passant par le tourisme (le Gabon possède 13 parcs nationaux). Mais le ministre s’attend à un rebond très net l’an prochain, avec à terme une croissance hors pétrole de 7 %.

En clair, Libreville espère tirer parti des efforts d’intégration des six pays de la CEMAC, (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, Centrafrique, Congo-Brazzaville) qui disposent d’un potentiel important malgré la pauvreté des habitants de cette zone de 55 millions d’habitants qui figure peu sur les écrans radars des investisseurs internationaux. « Pourtant, nous avons de tout, du pétrole, de l’eau, du manganèse, de l’or, de l’uranium, du bétail, un accès à la mer. La région est grâce à sa forêt le deuxième poumon de la planète, et brûle moins que l’Amazonie », mentionne le ministre de l’Economie.

Qui fait remarquer que « Le repli des cours de l’or noir provoqué par le Covid – 149 a illustré, une fois de plus, le danger qu’il y avait à trop dépendre des exportations de pétrole, en sus de l’habituel syndrome néerlandais par lequel la rente pétrolière évince les autres secteurs d’activité dans un pays. Nous ne ménagerons aucun effort pour diversifier notre économie avec des secteurs intensifs en main-d’œuvre, l’objectif est de créer 30.000 emplois d’ici deux ans ».

Selon Jean-Marie Ogandaga, le Gabon a déjà développé sa filière bois depuis l’interdiction en 2010 des exportations de grumes (tronc d’arbre) sans transformation, en 2010, les ventes de fer à béton, etc.

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