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Zone CEMAC : Les perspectives économiques soumises à l’épreuve du Covid

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La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) vient de procéder à une analyse des perspectives économiques, monétaires et financières de la zone CEMAC pour le compte de l’année 2020. C’était à la faveur de son Comité de politique monétaire (CPM), tenu le 22 juillet dernier.

De cette activité, il ressort que les perspectives économiques de la sous-région en 2020 seront tributaires de l’évolution de la pandémie de la Covid-19. Notamment, ses effets sur l’offre et la demande globale tant au niveau mondial que sous-régional.

Ainsi, les effets attendus de cette crise sanitaire liée au Covid-19 sur les économies de la CEMAC porteraient sur cinq principaux indicateurs. Il s’agit d’une dégradation importante des comptes macroéconomiques, d’une baisse des financements extérieurs, d’une perturbation des échanges intracommunautaires, d’une fragilisation de la stabilité externe et financière et enfin, d’un risque de montée des tensions inflationnistes.

En outre, la BEAC souligne que les canaux de transmission de cette crise actuelle sur les économies de la CEMAC sont de quatre ordres. Il s’agit notamment de :

– la dégradation des termes de l’échange, essentiellement le fait de la chute des cours du pétrole et de plusieurs autres produits de base : avec un cours moyen du baril du pétrole exporté par les pays de la CEMAC de 35,6 USD14, contre 61,4 USD en 2019, les termes de l’échange diminueraient de 33,4 % en un an ;

– les contraintes d’offre, en raison des perturbations causées par la morbidité ainsi que par les confinements et les restrictions de mouvements de personnes et de biens, qui accroîtraient les coûts de transactions et les conditions financières et perturberaient plus directement le commerce, le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, le transport et les transferts des migrants ;

– les contraintes de demande, qui résulteraient de la montée de l’incertitude15, de la poussée des comportements de précaution et des efforts de confinement qui dans l’ensemble feraient baisser l’investissement, les revenus et le pouvoir d’achat des ménages ;

– l’instabilité des flux et des marchés financiers, qui serait principalement caractérisée par la limitation des financements en faveur des ménages et des entreprises, du fait des fuites des capitaux, de la baisse des financements extérieurs, de la diminution des investissements directs étrangers et du durcissement des conditions financières intérieures.

Pour tenir compte de l’incertitude inhérente à ces effets sur les économies de la CEMAC, les services de la BEAC ont révisé les perspectives macroéconomiques des économies de la CEMAC à travers les deux scénarios.

Le premier qui se veut optimiste suppose que la crise serait transitoire et rapidement maîtrisée, et un cours moyen du baril de pétrole de 35,6 USD en 2020. Quant au second scénario, réaliste il prévoit une propagation rapide et de grande ampleur de la crise avec, entre autres, un cours moyen du baril de pétrole de 25 USD en 2020.

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