Accueil DROITS Gabon : La dépénalisation de l’homosexualité n’institue pas sa légalisation (gouvernement)

Gabon : La dépénalisation de l’homosexualité n’institue pas sa légalisation (gouvernement)

Le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale.

C’est l’éclairage qu’apportent le gouvernement et certains constitutionnalistes sur le houleux débat en cours, dans le pays après l’adoption, il y a quelques jours, par le Parlement du projet de loi portant sur la dépénalisation de l’homosexualité,.

Pour édifier l’opinion, les constitutionnalistes fondent leur résonnement sur des principes bien définis. Il s’agit notamment du mariage que la Constitution gabonaise définit comme support légitime de la famille entre personnes de sexes différents. Laquelle union constitue le socle de la société gabonaise.

Au Gabon, poursuivent-ils, ‘’la législation pénale ne s’est jamais intéressée à la question de l’homosexualité. De mai 1963 à juin 2020, le code pénal a été modifié par ordonnances à sept reprises. Les modifications antérieures à 2019 ont successivement renforcé le dispositif pénal notamment sur les affaires de mœurs’’.

Par contre, face aux actes impudiques, la législation s’est voulue ferme. Tous les actes dans ce sens sont punis d’une peine de six mois de prison au plus et d’une amende d’environ cinq millions de CFA. Il est par ailleurs à que l’adoption en juillet 2019, par le Sénat d’une nouvelle loi introduisant la pénalisation de l’homosexualité, constitue en effet, une révolution dans le code pénal. En effet, le code mentionne pour la première fois, la relation entre personnes de même sexe.

La modification du code qui dépénalise aujourd’hui l’homosexualité suscite de vives réactions et anime les chaumières entre les pourfendeurs et les défenseurs de ce texte. Chaque camp y allant avec ses arguments.

Pour les pourfendeurs dudit texte, il s’agit tout simplement d’une manœuvre pour imposer aux populations une ignoble pratique sexuelle étrangère aux us et coutumes de la société. Pour les défenseurs, l’argumentaire est tout simple : ‘’la dépénalisation de l’homosexualité ne signifie pas sa légalisation’’.

Coupant la poire en deux, le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale a tenu à faire la part des choses. « Nous avons tenu au gouvernement à ne jamais autoriser le mariage entre personnes de même sexe. Ce ne sera jamais autorisé, » a –t-il récemment indiqué face aux sénateurs. Pour le gouvernement, la dépénalisation de l’homosexualité s’inscrit sous le prisme des libertés fondamentales et orientations sexuelles des personnes.

Selon lui, « Le gouvernement ne consacre pas les pratiques qui portent atteinte aux bonnes mœurs, explique un juriste. Il évite simplement que le code pénal s’invite dans la vie privée des individus. Les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent dans l’intimité de leur chambre.», a-t-il ajouté. Sans toutefois omettre d’indiquer deux principes aux sénateurs : la condamnation de l’exhibitionnisme et l’atteinte aux mœurs ainsi que l’engagement de son gouvernement au respect de l’orientation sexuelle et le droit des minorités.

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