Accueil DEVELOPPEMENT La Turquie et l’Afrique planchent sur les impacts économiques du  Covid-19 

La Turquie et l’Afrique planchent sur les impacts économiques du  Covid-19 

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Un panel virtuel, intitulé ‘’Réponse multilatérale à la crise de Covid-19’’, parrainé par le Conseil des relations économiques étrangères de la Turquie (DEIK) a récemment eu lieu entre la Turquie et l’Afrique.

Les participants à cette rencontre ont discuté du commerce et des stimulants pour amortir les retombées économiques du Covid-19. Les discussions ont notamment porté sur les impacts de la pandémie sur l’Afrique et sur la manière dont son partenariat et son commerce avec la Turquie ainsi qu’avec les institutions régionales pourraient aider le continent à rebondir.

Justifiant la tenue de ce panel, le Vice-président de la Banque africaine de développement (BAD) en charge du développement régional, l’intégration et la prestation de services, Khaled Sherif, a fait savoir que : ‘’le commerce et les mesures de relance étaient nécessaires pour amortir les impacts économiques de la pandémie de Covid-19 et renforcer la résilience des économies africaines aux chocs futurs’’.

Quant à Husnu Dilemre, directeur général des accords internationaux et des affaires européennes au ministère turc du Commerce, il a souligné les liens diplomatiques solides de la Turquie avec les pays africains, notant que le pays a des ambassades dans 42 pays africains, avant de souligner l’importance de maintenir le commerce.

«Nous veillons à ce que même dans le présent, dans le cadre des mesures sévères qui sont utilisées pour contrôler la propagation de la pandémie, le commerce se poursuive sans restriction. Nous pensons que COVID-19 ne doit pas être une excuse pour restreindre le commerce », a-t-il déclaré.

En réponse à une question du modérateur Nicholas Norbrook, rédacteur en chef de The Africa Report, sur le début prévu du commerce dans le cadre de la ZLECAf le 1er juillet, le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) Wamkele Mene a déclaré qu’il y aurait un retard compte tenu des circonstances actuelles : «Les conditions sur le terrain ne permettent pas qu’un commerce crédible commence sur le terrain. Comme nous l’avions été dirigés par les chefs d’État. » 

Cependant, il a fait valoir que la zone de libre-échange, une fois opérationnelle, agirait comme un stimulant pour le continent. « Le plan de relance pour nous doit être de mettre en œuvre cet accord. Stimuler le commerce interafricain et nous positionner pour une croissance annuelle sur la base de cet accord commercial », a poursuivi M. Mene.

Khaled Sherif a également décrit un certain nombre d’obstacles au renforcement de la résilience économique en Afrique. Il a notamment cité la forte dépendance du continent à l’égard des produits de base pour les exportations, le manque de filets de sécurité sociale, la nécessité d’importer des denrées alimentaires de base et une faible assiette fiscale sur laquelle les gouvernements peuvent puiser pour générer des revenus.

«Celles-ci ont accentué l’impact économique de la pandémie, épuisant les réserves de change et entraînant une dégradation des notations souveraines du Nigeria, de l’Angola et de quelques autres pays.», a-t-il indiqué. Avant de préciser que, « Nous sommes confrontés à un ensemble de chocs exogènes que l’Afrique n’a jamais vus».

De plus, il a souligné que les chocs étaient le résultat des mesures mondiales prises pour contenir le virus, pas la maladie elle-même. «Ce n’est pas une crise causée par le coronavirus, car le coronavirus ne s’est pas propagé de manière substantielle sur le continent, sauf dans cinq pays.», a-t-il indiqué.

De son avis, la BAD travaille avec des partenaires pour amortir l’impact de la crise économique, a-t-il déclaré. «Entre le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, tout le monde fait équipe pour voir quel genre de stimulus nous pouvons fournir aux pays les plus en difficulté budgétaire.»

A son tour, le président et chef de la direction de la Banque de commerce et de développement, Admassu Tadesse a souligné les secteurs qui avaient été relativement moins touchés. «Le secteur agricole se porte toujours bien. Nous avons financé pas mal d’engrais à titre d’exemple. Entre janvier et maintenant, nous avons injecté plus d’un demi-milliard de dollars d’engrais », a-t-il déclaré.

Il a convenu avec d’autres panélistes que le libre-échange était essentiel pour accélérer la croissance en Afrique. « Au fur et à mesure que nous progressons, je pense que nous verrons la demande globale à travers les frontières s’accélérer, et je pense que cela agira comme un stimulus », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Bien sûr, il faudra un certain temps pour y arriver, mais des mesures complémentaires pour soutenir l’industrialisation et la valeur ajoutée dans divers secteurs donneront en fait à cet élan le rythme dont il a besoin.»

Selon le ministre turc du Commerce, le commerce bilatéral du pays avec l’Afrique s’élevait à 23,8 milliards de dollars en 2018, avec des exportations de la Turquie à 14,4 milliards de dollars au cours de la même période. Les panélistes turcs se sont déclarés confiants qu’une conférence Turquie-Afrique prévue pour la fin de l’année permettra d’améliorer ces tendances.

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