Accueil DEVELOPPEMENT L’Afrique planche sur le service de sa dette commerciale

L’Afrique planche sur le service de sa dette commerciale

La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a convoqué, ce 18 mai 2020, une réunion entre les ministres africains des finances, le Groupe de travail africain sur le secteur privé et l’envoyé spécial de l’Union africaine sur le Covid-19.

La réunion était présidée par l’envoyé spécial de l’Union africaine, Tidjane Thiam. Elle avait pour objectif premier, de trouver, de nouveaux moyens de financement pour fournir des ressources supplémentaires aux pays afin d’atténuer les effets de la pandémie de Covid-19 en cours. Ensuite, de trouver des moyens d’améliorer le profil et les termes des obligations de la dette commerciale de l’Afrique de telle sorte que l’Afrique puisse mieux libérer des fonds pour faire face à la crise sanitaire.

La discussion a engagé le Groupe de travail africain sur le secteur privé récemment composé, qui représente les principaux créanciers privés des pays africains. Cette rencontre intervient au moment où les pays africains tentent de trouver des solutions pour s’assurer que les économies africaines continuent de jouir d’un accès continu aux marchés et s’acquittent de leurs obligations en matière de service de la dette du secteur privé..

Dans ses remarques, Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la CEA, a souligné que : « Les pays africains se sont engagés à respecter toutes leurs obligations envers les créanciers commerciaux en temps opportun et veulent maintenir l’accès aux marchés internationaux des titres des créances pendant la période de reconstitution ». Et d‘ajouter : « La plupart des pays africains étaient sur une voie de réforme réussie avant la crise, c’est pourquoi ils avaient accès aux marchés des capitaux ».

Les discussions ont également porté sur les moyens d’aligner les intérêts des gouvernements africains et les créanciers commerciaux, afin de faire face à la double crise, d’une part la pandémie de coronavirus et d’autre part la récession économique.

A l’occasion, les ministres des finances ont convenu de l’importance de garantir les paiements des coupons euro-obligations afin de maintenir l’accès post-pandémique aux marchés internationaux des titres de créances, pour le financement du développement et d’avoir un dialogue coordonné continu avec les créanciers.

S’exprimant au nom du groupe des créanciers, Kevin Daly, Directeur principal des investissements chez Aberdeen Asset Management a fait part de la position de sa structure. « Nous avons exprimé notre souhait de soutenir les pays africains face aux pressions de liquidité qui ont surgi en raison de la crise, et en veillant à ce qu’ils restent à jour sur leurs euro-obligations, nous pensons que les opportunités de financement se matérialiseront bientôt », a -t-il déclaré

Et  d’indiquer que le groupe des créanciers propose des solutions de financement innovantes, telles que des obligations à des fins spéciales qui visent des objectifs de développement social. Selon lui, « Ces solutions s’avèrent attrayantes pour les investisseurs qui se concentrent de plus en plus sur les questions d’objectifs de développement social et sur les instruments partiellement garantis par les institutions multilatérales et qui peuvent aider à atténuer les pressions sur les liquidités », a-t-il affirmé

Pour sa part, l’ancien patron du Crédit Suisse, Tidjane Thiam a décliné sa position. « Nous sommes tous alignés, nous voulons que l’Afrique se développe et connaisse la pleine croissance, alors travaillons ensemble sur des solutions concrètes : le temps presse ».

Pour rappel, le Groupe de travail africain sur le secteur privé coordonne les vues de plus de 25 des principaux gestionnaires d’actifs et institutions financières du monde fournissant des financements privés aux nations et aux entreprises via des euro-obligations, des prêts syndiqués et d’autres produits de crédit à travers le continent. Le Groupe estime en outre qu’une solution unique serait improductive pour les pays africains, mais se félicite de la nécessité de discuter des approches coordonnées lorsque cela est possible et opportun.

Tous les ministres, y compris ceux du Kenya, du Cameroun, du Sénégal et du Ghana, ont souligné l’importance de maintenir l’accès aux marchés et conviennent que davantage d’efforts sont nécessaires pour communiquer les bons bilans économiques de leurs pays avant la crise.

La réunion a enfin convenu de poursuivre les discussions, en vue de trouver des solutions rapides, pragmatiques et efficaces sur la dette commerciale de l’Afrique pour gérer la crise de COVID-19 et de remettre l’Afrique sur le chemin de la croissance par le biais de politiques et d’actions.

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