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Zone CEMAC : Perte des recettes pétrolières d’environ 992,5 milliards de FCFA en 2020

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Pour cause du Covid – 19, la zone CEMAC enregistrerait une forte détérioration des finances publiques qui résulterait à la fois, de la baisse des recettes budgétaires (-0,5 points de PIB) et d’une augmentation relative des dépenses publiques (+0,9 points de PIB).

Dans ces perspectives, les pertes de recettes pétrolières devraient atteindre 992,5 milliards de FCFA (environ 1,66 milliards d’USD).  Quant aux recettes hors pétrole, elles diminueraient faiblement en valeur absolue, en lien avec le ralentissement des activités non pétrolières et l’incapacité des entreprises les plus impactées par la crise du COVID-19 à honorer leurs obligations fiscales.

Dans tous les pays, il est projeté une forte augmentation des dépenses de santé et de soutien aux secteurs les plus touchés par la pandémie. Un tel effort se ferait au détriment des autres dépenses publiques, notamment celles liées au fonctionnement, aux transferts et subventions et aux investissements publics.

Faiblesse des réserves budgétaires

Compte tenu de la faiblesse des réserves budgétaires des pays de la CEMAC, les déficits budgétaires additionnels (1,8 % du PIB) seront financés par un recours accru aux ressources monétaires et bancaires, voire à l’endettement extérieur. En conséquence, les taux d’endettement devraient s’accroître et les profils d’endettement se détériorer.

Il est rappelé, qu’à fin 2019, un seul pays de la CEMAC (RCA) était classé par le FMI comme étant à risque d’endettement modéré, deux autres (Cameroun et Tchad) étaient à risque d’endettement élevé et un quatrième (Congo) à risque de surendettement ;

Secteur extérieur

Le déficit extérieur courant, transferts publics inclus, se creuserait à 4,7% du PIB, contre -1,7 % du PIB dans le scénario de base initial, en lien principalement avec la détérioration des termes de l’échanges de 22,8 %, la baisse des exportations (-4,5 % du PIB) et la rigidité à la baisse des importations (conséquence du faible ajustement projeté des dépenses publiques et de la dépendance vis-à-vis des importations des biens alimentaires).

Comme conséquence de cette évolution, le solde global de la balance des paiements se détériorerait, se traduisant notamment par une baisse des avoirs de réserve, qui reviendraient de 3,98 mois d’importations de biens et services, dans le scénario de base initial, à 3,89 mois dans le scénario révisé. Ce ratio était de 3,23 mois à fin 2019.

Situation monétaire

Elle se détériorerait significativement à travers la baisse des avoirs extérieurs nets, des crédits à l’économie et de la masse monétaire. Les créances nettes sur les Etats ont été prévues à la hausse en relation avec l’hypothèse que les pays privilégieraient le financement intérieur à l’ajustement pour faire face à un choc, considéré pour l’instant, comme transitoire. Le taux de couverture extérieure de la monnaie reviendrait quant à lui de 71,6 % projeté dans le scénario de base initial à 68,9 % dans le scénario révisé.

Stabilité financière

Les difficultés de trésorerie des Etats devraient détériorer la qualité relative des portefeuilles de crédit des banques et leur profitabilité, à travers l’augmentation prévisible des créances en souffrance (créances des banques sur les fournisseurs commerciaux des Etats, qui pourraient être affectés par l’accumulation des arriérés sur les paiements publics, et sur les entreprises qui subiraient le plus les effets de la crise du COVID-19 du fait de la baisse des revenus) et du provisionnement des créances bancaires.

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