Accueil COMMERCE Gabon : Le ministre Hugues Mbadinga Madiya appelle à saisir l’opportunité du...

Gabon : Le ministre Hugues Mbadinga Madiya appelle à saisir l’opportunité du Covid – 19 pour restructurer le secteur du commerce

Le ministre du Tourisme, du Commerce, des PME et de l’Industrie, Hugues Mbadinga Madiya.

Dans une récente tribune, le ministre du Tourisme, du Commerce, des PME et de l’Industrie, Hugues Mbadinga Madiya scrute les impacts de la crise du Coronavirus sur le commerce et l’économie mondiale et gabonaise en particulier.

Dans son analyse, le membre du gouvernement gabonais appelle à saisir l’opportunité offerte par cette pandémie du Coronavirus, afin de repenser le modèle d’organisation du commerce du pays, tout en mettant un accent particulier sur les ressources internes du pays. L’économie de cet entretien…

Conjonctures Economiques : Monsieur le ministre, vous venez de publier une tribune dans laquelle, vous revenez sur les effets de la pandémie du Coronavirus sur l’économie nationale et partant mondiale. Devrons nous pensez que la pandémie du Covid – 19, au-delà de ses effets négatifs, peut également être porteuse d’une nouvelle dynamique commerciale ?

Hugues Mbadinga Madiya : Le monde est témoin d’une crise sanitaire et économique inédite qui a eu pour effet un double choc sur l’offre et la demande mondiale. Et dans notre pays précisément, l’impact de cette crise va se faire ressentir de manière variée sur : les finances publiques (le prix du baril du pétrole a baissé de moitié depuis le début de la crise), l’offre et la demande intérieures ; le commerce intérieur et extérieur.

De manière on ne peut plus explicite …

Oui au niveau du commerce extérieur, la survenue de la crise génère de nombreuses contraintes qui minent le commerce des marchandises et rendent difficile l’approvisionnement du pays : le resserrement de l’offre de produits, le renchérissement des couts et délais logistiques, le renchérissement du cours de certains produits de base tels que le riz ou le blé.

Au niveau du commerce intérieur, l’activité est fortement touchée par les mesures sanitaires prises par le gouvernement pour faire face au Covid – 19, mais aussi par la baisse incidente de la demande intérieure due à l’effondrement de l’activité dans de nombreux secteurs moteurs comme les mines, le pétrole, le bois.

Vous soutenez que la crise actuelle a révélé des difficultés structurelles dans l’organisation du commerce intérieur et extérieur. Quelles sont-elles ?

Effectivement, elle a permis de constater entre autres : le défaut de stocks stratégiques, capacités de stockage relativement limitées (3 mois en moyenne) ainsi qu’une multiplicité d’intervenants qui augmentent le prix au consommateur final.

Dans le cas du Gabon, comment peut-t-on rectifier le tir ?

Face à la situation, le Gabon n’a pas d’autre choix que de compter sur ses ressources internes. Notamment, la production locale concentrée essentiellement sur des secteurs comme l’eau minérale, le sucre, les produits vivriers, le secteur avicole.

En appui de cette stratégie mise en œuvre avec des acteurs locaux, entreprises et coopératives, il convient également de s’assurer d’une gestion rationnelle des stocks de produits, pour s’assurer de leur disponibilité sur l’ensemble du territoire. C’est d’ailleurs l’objet du Comité interministériel sur les approvisionnements, mis en place par le gouvernement.

Vous préconisez la nécessité de repenser le modèle d’organisation du commerce. En quoi consiste cette approche ?

Effectivement, il parait essentiel de repenser notre modèle d’organisation du commerce. Cela, à travers la révision du schéma logistique d’organisation du commerce de gros ; demi-gros et la grande distribution ; la création de marchés d’intérêt national aux frontières notamment à Bitam, Leconi et Doussala.

De manière concrète, quelle est la leçon à tirer de cette pandémie dans le cadre du secteur du commerce?

La leçon à tirer est de nous appuyer d’abord sur nos forces internes. Car, nous sommes capables de susciter une offre locale de produits en substitution aux importations. Et sur cette base, en droite ligne avec la mise en place future de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), nous devons nous appuyer en complément de nos efforts internes, sur le commerce régional. Enfin, la crise du Covid – 19 apparaît comme une opportunité pour nous, de restructurer notre modèle d’organisation du commerce.

Entretien mené par Alexandre Le-grand

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here