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Gabon : Net recul de la liberté de la presse

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La Gabon sort bien affaibli du classement mondial de la liberté de la presse 2020, réalisé par Reporters sans frontières (RSF).

L’organisation non gouvernementale de défense des journalistes, dans son rapport 2020, classe le Gabon à la 121ème place sur les 180 pays recensés. Autrement dit, six de moins que l’année dernière où le Gabon occupait la 115ème place.

La précarité de l’environnement des médias, liée à l’absence de la publicité, les tracasseries policières et l’absence de l’aide publique à la presse seraient les principaux écueils qui justifient ce classement. A cela s’ajoutent les différentes sanctions infligées aux journaux, notamment des suspensions systématiques par l’instance de régulation des médias au Gabon.

Un régulateur bourreau des médias

Selon RSF, l’inquiétante érosion de la liberté de la presse, notamment observée depuis l’entrée en fonction de la Haute autorité de la communication (HAC) en 2018, se poursuit et affecte dangereusement l’exercice du journalisme au Gabon.

Les médias et les journalistes publiant des articles critiquant le président, son entourage ou des proches du pouvoir font l’objet de suspensions qui n’ont d’autre but que de protéger les intérêts du régime. L’organe de régulation est allé jusqu’à suspendre un journal qui dénonçait justement le caractère arbitraire de ces sanctions  systématiques.

Loin de favoriser l’émergence d’une presse responsable et de qualité, cette politique contribue à asphyxier la presse indépendante et à renforcer l’autocensure concernant les sujets sensibles. La multiplication de ces sanctions par la HAC, désormais surnommée  »la hache », par une partie de la presse gabonaise, s’inscrit dans un contexte économique précaire pour les médias. Les subventions et les annonceurs fuient les titres, les stations et les chaînes critiques.

La culture d’une presse libre et indépendante peine à s’établir, y compris en ligne où le Gabon a rejoint la longue liste des pays cybercenseurs en coupant internet en marge d’une tentative de coup d’État.

Enfin, le code de la communication de 2016, s’il dépénalise les délits de presse, prévoit des mesures d’encadrement autoritaires concernant non seulement la presse, mais aussi toute la production audiovisuelle, écrite, numérique et cinématographique.

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