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Gabon : Fitch Ratings tire la sonnette d’alarme sur les risques pesant sur le secteur des finances publiques

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Le 03 avril dernier, l’agence de notation américaine, Fitch Ratings a revu à la baisse, la notation à long terme du Gabon en devises étrangères de ‘’B’’ à ‘’CCC’’.

Selon Fitch Ratings, le déclassement des notes du Gabon de  »C » à ‘’CCC’’ reflète le point de vue selon lequel, les risques pesant sur la capacité de remboursement de la dette souveraine ont considérablement augmenté en raison de la pression de liquidité due à la baisse des prix du pétrole.

En outre, précise l’agence, les pressions sur la liquidité sont encore exacerbées par la mauvaise gestion des finances publiques du Gabon, comme l’illustrent l’accumulation d’arriérés de dette extérieure dans le passé et les retards fréquents dans la sécurisation des financements multilatéraux prévus.

En clair, Fitch fait des prévisions alarmistes sur le secteur des finances publiques. L’agence indique s’attendre à ce que ‘’le solde budgétaire se détériore à -4,6% du PIB en 2020, contre un excédent estimé de 0,2% en 2019 et un léger excédent prévu en 2020’’.

De plus,  poursuit-elle, ’’les revenus se contracteront de près de 32%, sur la base de notre hypothèse d’un Brent moyen prix du pétrole de 35 USD le baril en 2020, et l’impact négatif d’autres mesures prises pour endiguer la propagation du coronavirus, un commerce international moins dynamique et un retard de paiement des arriérés par le gouvernement’’.

Elle révèle par ailleurs que : ‘’la flexibilité pour limiter les dépenses courantes est limitée par la pression exercée sur les dépenses de santé par le coronavirus et la marge limitée pour de nouvelles réductions’’.

Cependant, les spécialistes de Fitch Ratings prévoient une contraction des dépenses d’investissement. Dans le même temps, en raison d’une forte contraction du PIB et de déficits plus élevés, ils entrevoient une augmentation de la dette publique d’environ 60% en 2019 à 73% en 2020.

Selon ces derniers, ‘’les besoins de financement totaux des projets atteindront 1,6 milliard USD en 2020, soit environ 11% du PIB (hors l’opération de refinancement obligataire anticipée conclue en février), soit environ 441 millions USD de remboursements de dette extérieure, 508 millions USD de remboursements de dette intérieure et déficit budgétaire prévu de 670 millions de dollars’’

Les experts de Fitch’agence estime également que ‘’le Gabon est confronté à un déficit de financement de 530 millions de dollars, en supposant la pleine matérialisation des fonds attendus de la Facilité élargie du FMI (FEP, 126 millions de dollars) et de l’appui budgétaire de la Banque mondiale (200 millions de dollars). Nous incluons également le produit résiduel de l’euro-obligation de février 2020 (210 millions USD) après l’achèvement d’une opération de refinancement et de prêts-projets liés aux dépenses d’investissement du gouvernement, que nous prévoyons de réduire d’environ 50% par rapport au budget. En outre, nous supposons que les autorités émettront une obligation sur le marché régional (250 millions USD) et retarderont le remboursement des arriérés intérieurs en dehors du cadre du Club de Libreville, ce qui implique l’État et un groupe d’employeurs locaux dans le but de restructurer la dette intérieure’’, soulignent-ils.

D’importants risques d’exécution

Pour Fitch Ratings, il existe des risques d’exécution importants, étant donné le faible bilan du Gabon en matière de réception des décaissements officiels des créanciers en temps opportun, même après la conclusion des accords (ce qui a conduit à la renégociation d’un crédit-relais en 2019). En conséquence, Fitch estime que le financement ne peut être considéré comme garanti qu’une fois le tirage effectué, en particulier dans le contexte d’un potentiel de stress de liquidité.

’Le Gabon a renforcé ses processus de gestion des finances publiques, mais les nouveaux processus n’ont pas été testés en période de crise de liquidité accrue. Les autorités ont créé un compte du Trésor unique pour les entités publiques en 2019 et tous les ministères doivent maintenant obtenir l’approbation du Trésor avant d’engager des dépenses, ce qui pourrait réduire la pression sur la liquidité en améliorant la coordination’’, indique l’agence de de notation.

’Nous prévoyons que le PIB réel se contractera de 2,1% en 2020, sous-tendu par une forte baisse du PIB lié au pétrole en raison de la baisse des volumes de production et des investissements dans le secteur. Le PIB non pétrolier devrait se contracter de 1,6% en raison d’une baisse de la demande mondiale de produits d’exportation, de l’impact des modestes mesures adoptées jusqu’à présent pour contenir la propagation des réductions des coronavirus et des investissements  », résume l’agence.

Qui souligne enfin de multiples risques supplémentaires de ralentissement à court terme de la croissance qui pourraient survenir si un verrouillage pour contenir le coronavirus était mis en place, comme cela a été fait dans d’autres pays.  »Des incertitudes demeurent également concernant les perspectives macroéconomiques mondiales et la propagation du coronavirus, qui pourraient affecter les recouvrements d’impôts et la balance des paiements’’, conclue l’agence.

Pour la bonne gouverne, le 02 décembre 2019, Fitch Ratings avait confirmé la notation du Gabon, à long terme en devises étrangères à «  B  » avec une perspective stable. L’agence avait alors justifié cette note par une amélioration de la trajectoire budgétaire du  pays.

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