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‘’La crise du COVID-19 révèle au grand jour, notre dépendance et notre insécurité alimentaires’’ (Dieudonné Minlama Mintogo)

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La crise du Coronavirus risque d’avoir une forte incidence socio-économique au Gabon et partant, à travers tout le continent.

Au-delà des aspects sanitaires, son lot de conséquences socio-économiques s’avère à la fois redoutable et studieuse. Dans le cas du Gabon, cette crise vient remettre en lumière, les nombreuses lacunes qu’éprouve le pays dans le cadre de sa politique agricole, notamment sa dépendance et son insécurité alimentaires.

En effet, malgré d’énormes initiatives et des atouts naturels – climat et abondance de terres arables – le secteur agricole gabonais reste peu solide et embryonnaire. Confinant malheureusement le pays à un éternel statut de dépendance alimentaire, vis-à-vis de l’extérieur. Avec notamment des importations des denrées alimentaires qui oscillent autour de 400 milliards de FCFA par an. En outre, le secteur agricole gabonais ne contribue ainsi que marginalement à la création de richesses (environ 6% du PIB).

De nombreux handicaps expliquent cette stagnation : population rurale peu nombreuse (14%), système foncier défavorable à un accès sécurisé à la terre, coût élevé de la main d’œuvre et manque d’attractivité des jeunes pour la profession, manque d’infrastructures de commercialisation et de transformation.

Face à ce constat peu reluisant, des voix se sont élevées pour que la question agricole soit érigée au rang priorité nationale. C’est dans ce cadre, que s’inscrit cet appel lancé au président de la République, Ali Bongo, par le politique, Dieudonné Minlama Mintogo, président d’Ensemble pour la République par ailleurs, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016. Selon lui, ‘‘il est désormais temps que le président de la République élève en une urgence nationale, la définition ainsi que la mise en œuvre, d’un plan d’urgence agricole ambitieux ! », déclare-t-il.

Le salut par le groupe Olam

Dans ce contexte marqué par des faibles performances agricoles, le gouvernement a mis en place, fin 2014, le programme GRAINE (Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés) pour développer le secteur et inverser les sombres tendances affichées par la filière.

L’objectif affiché étant de faire passer la contribution de l’agriculture au PIB de 5 à 20% d’ici 2020, tout en réduisant de 50% les importations (estimées à environ 300 Mds FCFA par an). Issu d’un partenariat additionnel entre le gouvernement gabonais (51 %) et le groupe singapourien Olam (49 %), le programme est piloté par la société SOTRADER (société gabonaise de transformation agricole et développement rural).

Il repose essentiellement sur le soutien apporté à la création de coopératives agricoles industrielles au travers, notamment, de la distribution de parcelles de terre aux agriculteurs et la mise en place de modalités propres de préfinancement pour faciliter, en particulier, l’accès aux équipements.

Ce programme est largement soutenu par l’implication financière du partenaire Olam. En effet, entre 2011 et 2017, ses investissements cumulés du groupe dans le secteur agricole, auraient atteint 500 milliards de FCFA, dont 4% pour le projet Graine depuis 2014 (environ 20 milliards FCFA). Dans le même temps, la part du budget national consacrée à l’agriculture entre 2011 et 2017 a été dérisoire. Soit à peine, 38 milliards FCFA.

Le projet ainsi piloté par Olam, qui a su en faire une promotion forte avec le soutien de la présidence de la République, apparait comme un substitut de politique sectorielle au regard de ses objectifs affichés : augmentation du PIB agricole, baisse des importations alimentaires, modernisation de l’agriculture, accès aux plus grand nombre aux terres agricoles, sécurité alimentaire, formation etc.

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