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Pandémie du coronavirus : A quelle sauce seront marinées les économies de la CEMAC ?

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Les pays de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), commencent déjà à redouter les impacts de la pandémie du coronavirus sur leurs économies.

L’impact de la pandémie du coronavirus ne cesse de bouleverser le microcosme économique mondial, avec entre autres, la chute drastique des cours du brut, et le bouleversement de  la donne économique mondiale. Dans la zone CEMAC, le spectre du choc pétrolier de 2014, qui a entraîné l’effondrement du tissu économique commence d’ores et déjà à hanter les esprits.

En effet, les effets néfastes de cette chute des cours du brut qui avaient une fois de plus révélé les vulnérabilités des économies de la CEMAC sont de plus en plus redoutés. Alors que les pays de la zone étaient en expansion, la croissance économique s’est déprimée dans la sous-région (passant de 4,6% en 2014 à 1,9% en 2015 puis à -0,1% en 2016).

Dans le même temps, les déficits budgétaires se sont creusés (passant de -4,6% en 2014 à -7,4% en 2015 puis à -8,0% en 2016), les déficits des comptes courants se sont renforcés (estimé à 0,1% du PIB en 2013, il s’est situé à -12,4% en 2015). Le taux de couverture extérieure de la monnaie quant lui, s’est dégradé (se situant à 57,5% en 2017 contre 97,5% en 2013) et la vitesse d’accumulation de la dette publique s’est accélérée (le stock de la dette s’est établi à 51,3% du PIB en 2017 contre 27% en 2013).

Heureusement, pour y faire face, plusieurs réformes (politique monétaire et cadre de surveillance multilatéral) ont été engagées. Plusieurs pays ont signé des programmes économiques, appuyés par la facilité élargie de crédit, avec le Fonds monétaire international (FMI), en vue d’assainir la situation des finances publiques et de créer les conditions de reprise d’une croissance soutenue et durable.

Il convient de relever que jusqu’en 2014, les pays de la CEMAC, à l’exception du Congo, avaient des taux d’endettement inférieurs à 70%. Le plus faible taux d’endettement de la zone (18% du PIB) a même été atteint en 2010. Cependant, à partir de 2015, la vitesse d’accumulation de la dette publique s’est accélérée, rendant légitime la nécessité de s’interroger à nouveau sur la pertinence du plafond de 70% actuellement en vigueur.

En majorité dépendant des revenus de l’or noir, en dehors de la RCA, les pays de la CEMAC sont désormais appelés à faire face aux conséquences du coronavirus. Malheureusement, et comme d’habitude, ils ne pourront compter sur eux-mêmes. Leurs regards seront indiscutablement rivés sur leurs traditionnels partenaires financiers internationaux, à savoir la Banque mondiale et le FMI et  les autres.

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