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Afrique centrale : Le mobile money se substitue partiellement à la détention d’un compte bancaire

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Malgré un usage encore très concentré sur les transferts d’argent pour l’instant, le mobile money présente des perspectives de développement intéressantes

En Afrique centrale, le mobile money en Afrique centrale reste cantonné à des services simples. Ce sont surtout pour les transferts d’argent que le service est utilisé (18 % des opérations pour 28 % des montants, les dépôts et retraits d’espèces représentant respectivement 29 % et 24 % du montant des transactions).

Ces activités sont favorisées par un vaste réseau de petites agences permettant les retraits et dépôts, plus développé que celui des agences de transfert traditionnelles, mais également par de moindres frais.

Ces frais varient suivants les montants engagés, de 0,05 % à 1 % pour des transferts entre des comptes du même opérateur, de 0,8 % à 4 % pour des transferts vers des comptes mobile d’autres opérateurs, et de 0,55 % à 3 % pour des retraits en espèces.

De nouveaux services associés au mobile money, se sont développés au sein des pays de la CEMAC. Il est possible par exemple de payer à distance son abonnement à un service de télévision, ses factures d’eau et d’électricité, ses frais scolaires et universitaires, mais aussi ses taxes foncières.

La plateforme permet également de recevoir les allocations familiales versées au Cameroun par la CNPS (Caisse nationale de prévoyance sociale) et de contracter une police d’assurance. Le développement, encouragé par les nouvelles réglementations et par une plus large interopérabilité, pourrait donc se poursuivre pour se rapprocher de la situation kenyane.

De nouveaux services financiers associés s’y sont développés tels que l’épargne et le crédit ou encore le lancement d’une plateforme électronique d’émission et d’achats de bons du Trésor. Le développement de l’offre de service auprès de partenaires plus variés (banques, tickets de transport, e-commerce…) catalyserait par ailleurs le déploiement du mobile money.

Ainsi, le mobile money se substitue partiellement à la détention d’un compte bancaire dans un contexte de faible bancarisation de la CEMAC. La part de la population adulte en Afrique centrale ayant utilisé un compte bancaire ou mobile durant les trois derniers mois est passée de 0 % en 2011 à 11 % en 2017, selon la Banque européenne d’investissement.

Enfin, il est à noter que le mobile money permet une plus grande inclusion financière des populations, reconnue comme facteur de sortie de la pauvreté et de croissance économique. De plus, l’exclusion financière est plus souvent subie par les femmes.

Le mobile money, par sa capacité à proposer des services financiers à tous et jusque dans des zones rurales à condition de bénéficier d’un accès à la téléphonie mobile, permet de réduire les inégalités entre urbains et ruraux mais aussi les inégalités de genre.

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