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Les besoins de financement de l’Afrique pour ses infrastructures sont estimés entre 130 et 170 Md USD par an

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Le Paris Europlace tenu à paris le 11 octobre dernier, a établi un diagnostic sans complaisance de la situation infrastructurelle en Afrique.

Selon les participants à cette rencontre, les besoins en énergie, eau, transports et logistiques, communications et télécommunications, hôpitaux, éducation, du continent sont énormes : ils ont été estimés entre 130 et 170 milliards de dollars (Md USD) par an, avec un trou de financement de 53 à 93 Md USD.

L’autre détail révélé par Paris Europlace est le manque de projets « bancables ». En effet, indique-t-on, les problématiques africaines sont aigües. En outre, le gros problème ne semble pas être, toutefois, la disponibilité des financements mais plutôt celle des projets de qualité : « souvent, les projets ne sont pas bancables » soutien Yves Lepage, avocat associé d’Orrick.

D’où, explique-t-il ‘’un taux d’abandon des projets très élevé, de l’ordre de 83 %, et des retards importants dans les calendriers de réalisation, plus d’un an dans 64 % des projets. Pour être « durables », les projets d’infrastructures doivent être en outre responsables vis-à-vis des actionnaires, mais aussi des collaborateurs, des clients, et de leur environnement. Ils doivent être financés avec des « financements durables » – c’est-à-dire de longue durée-, et intégrer « le financement de la maintenance », a jouté l’avocat. Autant de critères parfois difficiles à réunir sur les projets en Afrique.

Manque de compétences

Le continent manque donc de « projets bancables », une affirmation récurrente entendue lors de cette conférence. Qu’est-ce que cela signifie ? Différents intervenants ont apporté des explications. Elles concernent tout à la fois la structuration des projets en amont et leur suivi par les États, leur modèle économique, et la perception des risques.

« On n’a pas de problème pour lever des fonds, on a des problèmes pour les déployer » a ainsi assuré Samuel Goldstein, co-fondateur du fonds d’investissement privé Meridiam, spécialisé dans les infrastructures dans les pays émergents.

Meridiam a sous gestion 7 milliards USD d’actifs et a effectué avec succès deux levées de fonds ces deux dernières années de 200 millions et 300 millions respectivement. Un des obstacles récurrent à son déploiement ? La difficulté des États à générer des projets bien ficelés, rentables et l’insuffisance des outils de « derisking » (réduction des risques).

Un témoignage que n’a pas renié Pascale Albert-Lebrun, directrice générale adjointe du groupe Eranove, un groupe industriel privé panafricain investi de longue date dans des projets d’infrastructures en Afrique dans le cadre de PPP, généralement sous la forme de contrats de concession à long terme. Dernier en date, la centrale électrique de Kékéli, au Togo, dont la première pierre a été posée en juin 2019.

Pour cette spécialiste des PPP, le facteur clé du succès de tels projets est de donner le temps aux États africains « de se familiariser » avec les concepts de PPP, certains ayant eu de mauvaises expériences avec des contrats déséquilibrés.

Car les compétences manquent encore : « les États s’entourent de mieux en mieux mais toute une couche administrative reste en retrait par manque de compétence », a souligné Pascale Albert-Lebrun. Et cela n’est pas sans conséquences sur le délai de gestation des projets : « Tout prend de façon disproportionnée du temps » a constaté la dirigeante.

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