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Entre Douala au Cameroun et N’Djamena au Tchad, le transport coûte six fois plus cher que de faire circuler un conteneur entre Shanghai et Douala

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Le triste constat a une  fois de plus, été révélé le 10 octobre 2019, à l’occasion du campus Afrique de Bpifrance Inno Génération à Paris. Événement au cours duquel, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) était en vedette.

Cette grand-messe des entrepreneurs qui a attiré 52 000 participants était axée sur le thème ‘’Profitez des zones de libre-échange africaines pour développer des stratégies transfrontalières’’. Au-delà des avantages que devrait procurer la Zleca, ses grands défis étaient  également mis en exergue.

Selon Bpifrance Inno Génération, pour réussir cet ambitieux projet d’intégration continental, l’Afrique devra relever cinq défis. Le premier est la synchronisation des blocs régionaux existants en vue de mettre fin au ‘’spaghetti bowl’’africain. Quant au deuxième, il consiste à éliminer les barrières non tarifaires qui entravent les échanges. Pour ce faire, il faudra améliorer la logistique du commerce et les infrastructures de transport.

« Aujourd’hui, on sait qu’entre Douala au Cameroun et N’Djamena au Tchad, ça coûte six fois plus cher de faire circuler un conteneur qu’entre Shanghai et Douala, et c’est trois fois plus long », a souligné Patrick Sevaistre, consultant spécialisé dans les politiques publiques et le développement du secteur privé en Afrique, et membre du comité directeur du CIAN.

Le troisième défi, est relatif à la définition commune des règles d’origine, autrement dit la part de valeur ajoutée locale exigée pour qu’un produit soit considéré comme « made in Africa » et bénéficie des facilités de la Zleca. Sur ce sujet sensible, le débat interne entre gouvernements africains penche actuellement pour une moyenne de 50 % de valeur ajoutée africaine. « Ce qu’il faudrait, c’est qu’il y ait au moins une règle d’origine qui soit claire, transparente et unique », a estimé Patrick Sevaistre.

Le quatrième défi consiste quant à lui, à diversifier les économies du continent. « Pourquoi des zones comme l’Afrique centrale, par exemple, n’échange pas beaucoup, c’est parce que les économies ne sont pas complémentaires, elles sont structurellement identiques », a remarqué Patrick Sevaistre, citant en exemple le fait que les pays d’Afrique centrale, à l’instar du Gabon, du Congo, du Tchad et du Cameroun, sont tous des pays pétroliers.

Enfin, le cinquième défi réside dans la prise en compte des accords commerciaux externes déjà en vigueur comme les Accords de partenariat économiques (APE) conclus entre l’Union européenne (UE) et des pays africains ou encore la loi fédérale américaine African Growth and Opportunity Act (AGOA).

Zeste d’optimisme. Néanmoins, conclu toutefois Patrick Sevaistre, « La machine est en marche, elle ne s’arrêtera pas. Pour l’Afrique, [la Zleca] c’est une formidable opportunité de sortir de l’économie de rente ».

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