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Programme avec le FMI : Le Gabon suspendu à la décision des réunions annuelles de 2019

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C’est une semaine décisive que s’apprête à vivre le Gabon dans le cadre de la poursuite de son programme avec le Fonds monétaire internationale (FMI).

Les réunions annuelles du Fonds monétaire internationale (FMI) qui débutent ce 15 et ce, jusqu’au 20 octobre courant à Washington DC, s’avèrent cruciales pour le pays. Notamment, dans le cadre de la poursuite de son programme avec cette institution de Bretton Woods.

A Libreville, malgré le fait que les cœurs semblent battre la chamade, au regard des récentes incongruités et autres péripéties enregistrées dans certains aspects dudit programme, l’on se veut néanmoins optimistes. Cela, au regard des conclusions préliminaires de la récente équipe du Fonds dirigée par Boileau Yeyinou Loko, qui vient de séjourner à Libreville. Mission qui portait notamment sur la consultation au titre de l’article IV de 2019 et surtout, sur les quatrième et cinquième revues, du programme approuvé en juin 2017.

En effet, sur la base des conclusions préliminaires de la mission réalisée par une délégation du FMI, du 27 septembre au 9 octobre 2019, les experts prépareront un rapport qui, sous réserve de l’approbation de la direction, sera présenté au Conseil d’administration du FMI pour discussion et décision.

En attendant, la mission a pu observer des progrès dans le cadre macroéconomique du pays ces derniers temps. Selon elle, l’économie se redresse lentement, même s’il reste encore des problèmes importants à relever pour générer une croissance plus forte et plus inclusive.

Dans ce cadre, avec la sa mission de la délégation du FMI, il a été convenu avec les autorités gabonaises que pour générer une croissance plus forte et plus inclusive, des mesures énergiques et des réformes ambitieuses seraient nécessaires pour améliorer la gouvernance, mobiliser davantage de recettes intérieures, améliorer la gestion et l’efficacité des finances publiques et promouvoir un environnement des affaires plus attractif. En outre, note la mission, les discussions avec les autorités sur les politiques économiques et financières susceptibles d’aider à mener à bien les quatrième et cinquième examens du programme ont sensiblement progressé.

Zeste  d’optimisme

Au terme de sa mission, la délégation du FMI, a relevé que l’activité économique a rebondi et la croissance devrait atteindre 3,4% cette année, contre 0,8% en 2018, principalement grâce aux bonnes performances des secteurs du pétrole, des mines et du bois. L’inflation est restée maîtrisée à 1% (en glissement annuel) en juillet 2019. L’amélioration du niveau de mobilisation des recettes intérieures et une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement ont permis de réduire le déficit budgétaire hors pétrole de 11% du PIB non pétrolier en 2016 à 7,6% en 2018. Sur la même période, la position du compte courant extérieur s’est améliorée et la dette publique a diminué de près de 3,5% du PIB.

De perspectives économiques favorables avec une croissance qui devrait augmenter progressivement pour atteindre 4% à moyen terme

La mission note également des soignes de perspectives économiques favorables et une croissance qui devrait augmenter progressivement pour atteindre 4% à moyen terme. Quant aux perspectives macroéconomiques, elles pourraient notamment ralentir la consolidation budgétaire au Gabon ou dans d’autres pays membres de la CEMAC, ainsi que le ralentissement de la croissance mondiale. Cependant, souligne la mission, ‘’il existe également des risques à la hausse, liés notamment au volume élevé d’investissements étrangers directs dans les secteurs pétrolier et non pétrolier’’.

En plus, selon elle, ‘’la priorité continue de générer une croissance non pétrolière plus forte, durable et plus inclusive. Cela nécessite des mesures macroéconomiques ambitieuses et des réformes structurelles de grande envergure pour améliorer la gouvernance économique, accroître la mobilisation des recettes intérieures, améliorer la gestion et l’efficacité des finances publiques et un environnement commercial plus attrayant’’.

De plus, les efforts récents ont entraîné une légère augmentation des recettes non pétrolières au cours des deux dernières années. Les autorités se sont engagées à poursuivre ces efforts et ont convenu avec les services du FMI qu’il était essentiel de rationaliser les dépenses fiscales. La mission encourage également les autorités à continuer les administrations fiscale et douanière en fournissant les ressources nécessaires à l’exercice de leurs fonctions et en modernisant leurs systèmes d’information.

Urgence d’améliorer la qualité des dépenses publiques

Les services du FMI et les autorités ont aussi convenu qu’il était urgent d’améliorer la qualité des dépenses publiques. La poursuite des efforts visant à rationaliser les dépenses courantes, en particulier les transferts à des agences et institutions publiques, ainsi que la restructuration de certaines entreprises publiques structurellement déficitaires (en particulier dans le secteur pétrolier) devrait générer l’espace nécessaire au financement des dépenses sociales et d’investissement, mais aussi à renouveler le cadre de gestion des investissements publics, à en renforcer la gestion et à réviser le cadre juridique des marchés publics, notamment en renforçant Agence de régulation des marchés publics.

Pour une politique sociale plus réaliste 

Quant aux dépenses sociales, ils doivent bénéficier des efforts accrus des autorités pour atteindre des niveaux de mise en œuvre adéquats, en particulier dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Atteindre cet objectif impliquerait également de renforcer l’efficacité de ces dépenses et de garantir leur impact réel sur les populations les plus vulnérables.

Poursuite des efforts dans le cadre du traitement de la dette

Sous un autre prisme, la mission s’est félicitée du paiement intégral des arriérés extérieurs et des mesures prises pour éviter toute accumulation d’arriérés extérieurs. Elle a, de ce fait, encourage les autorités à faire de même avec les arriérés intérieurs. Selon la mission, ‘’cela contribuera à stimuler l’investissement privé. Empêcher l’accumulation de nouveaux arriérés intérieurs exige en particulier la mise en place de mécanismes efficaces pour optimiser la gestion de la trésorerie de l’État et pour assurer la stricte application des règles et procédures d’exécution du budget, ainsi que des efforts continus pour déployer et moderniser les systèmes d’information budgétaire et comptable et étendre leur utilisation à toutes les agences autonomes et unités extrabudgétaires’’.

Amélioration du climat des affaires

Enfin, il a été convenu que la poursuite des efforts en cours pour améliorer le climat des affaires est essentielle pour générer une croissance durable et plus forte. L’objectif est de faciliter la création et le développement d’entreprises, en particulier de petites et moyennes entreprises. Tout comme il s’avère également important d’élaborer une stratégie nationale d’inclusion financière.

Le dernier round se joue cette semaine à Washington DC

Au demeurant, le moins que l’on puisse dire, est que les autorités gabonaises et l’équipe du FMI ont considérablement progressé dans les discussions sur les politiques et les réformes nécessaires pour mener à bien les quatrième et cinquième revues du programme. Mais en attendant, les discussions seront finalisées à Washington DC, lors des prochaines Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent du 15 au 20 octobre 2019, à Washington DC (Etats-Unis).

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