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Afrique centrale : Le Gabon, parent pauvre des flux financiers internationaux alloués à la protection de la nature et à la gestion durable des forêts

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Cette situation est la conséquence de la politique peu attractivité que mène le pays et partant, la sous-région en la matière, indique le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR). 

Autrement dit, les flux financiers internationaux pour le bassin du Congo destinés à la protection de la nature et à la gestion durable des forêts tropicales sont inférieurs à leur potentiel, comme le montre une nouvelle note de synthèse, publiée par l’Observatoire des forêts d’Afrique centrale (OFAC), cellule spécialisée de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC).

Deuxième plus grande forêt du monde, le bassin du Congo arrive loin derrière l’Asie du Sud-Est et l’Amazonie dans la capture de ces flux financiers. Pendant les 10 ans s’étalant de 2008 à 2017, l’Afrique centrale n’a pu capter que 11,5 % des financements internationaux, loin derrière l’Asie du Sud-Est et l’Amazonie qui ont reçu respectivement 34 % et 54,5 %, expliquent les auteurs du document, qui a été présenté le mardi le 9 juillet 2019 au cours de la 10ème session ordinaire du Conseil des ministres de la COMIFAC.

La note de synthèse révèle également d’autres données importantes : au cours de la même période, les partenaires financiers internationaux ont déboursé près de 2 milliards USD pour appuyer la gestion durable des forêts en Afrique centrale, l’Allemagne et l’Union européenne occupant le peloton de tête.

Dans l’ensemble, environ 70% des financements à la protection de la nature et à la gestion durable des forêts d’Afrique centrale ont été dirigés vers trois pays dont : la République Démocratique du Congo (40%), le Tchad (17%) et le Cameroun (14%).

Le Rwanda et le Gabon ont reçu moins de 10% de ces fonds et des pays comme la Guinée Equatoriale et Sao Tome ont reçu chacun moins de 1% de ces financements.

Selon Richard Eba’a. Atyi, directeur pour l’Afrique centrale du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), cette situation s’explique par une seule raison. « Notre équipe a analysé toutes les données disponibles sur les flux financiers internationaux pour le bassin du Congo, ce qui nous donne un aperçu des principaux bailleurs, et les domaines et pays ciblés. Nous avons trouvé que la région a une faible attractivité, » déclare-t-il.

Mais pour améliorer l’attractivité des financements dans le bassin du Congo, le CIFOR fait un certain nombre de recommandations. Selon ses chercheurs, il faut intensifier l’activité diplomatique en direction des bailleurs de fonds les moins actifs en Afrique centrale et d’améliorer la gouvernance dans la gestion de l’Aide publique au développement.

Le CIFOR préconise aussi de renforcer les capacités des acteurs du secteur forêt-environnement de la sous-région dans le domaine de l’élaboration des propositions de projets de haute qualité et propose enfin, une coordination des efforts des bailleurs de fonds pour des financements ordonnés et plus efficaces.

Pour Liboum Mbonayem, co-auteur de la note : « Les bassins d’Amazonie et d’Asie du Sud-Est sont plus attractifs parce que les pays ont une plus grande capacité d’endettement, des relations diplomatiques plus fortes, et une meilleure gouvernance ». 

Et d’ajouter : « Cependant, nous espérons que nos recherches permettront d’ouvrir le débat dans les pays d’Afrique centrale pour proposer des solutions à ces obstacles ».

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