Accueil MARCHES FINANCIERS Zoné Cémac : Vers la relance du marché financier sous-régional

Zoné Cémac : Vers la relance du marché financier sous-régional

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Le processus de fusion des deux marchés financiers ayant été acté, tout porte à croire que le marché financier unifié de la Cémac, va connaitre une accélération certaine.

Après près d’une décennie d’existence, le marché financier de la Cémac a réalisé des avancées assez encourageantes. Mais il a été surtout confronté à de nombreux défis – coexistence de deux Bourses, capitalisation, liquidité, profondeur, taille critique et attractivité – pour se hisser à des niveaux comparables aux autres places financières régionales.

En effet, le marché financier de la zone Cémac s’est caractérisé par une organisation dichotomique axée sur l’existence de deux Bourses: l’une à caractère régional, basée à Libreville, la BVMAC, et l’autre nationale, située au Cameroun, la DSX. Or, les autorités de la sous-région visaient, à travers le lancement de ces marchés, le développement d’un financement alternatif de leurs économies.

Conscients de ce constat, et compte tenu des contraintes liées tant à l’ajustement structurel des finances publiques qu’à l’endettement extérieur, les dirigeants des pays de la Cémac ont récemment décidé d’accélérer l’unification de ces deux places boursières. Cela, afin de doter leur espace d’un nouvel instrument de financement des économies sous-régionales et d’en faire une place forte de la finance en Afrique.

La convergence du marché financier sous-régional se conçoit donc comme un premier jalon d’une vaste réforme.

En Afrique centrale, la mise en place d’un marché financier a indéniablement contribué à mobiliser des ressources financières régionales à des coûts compétitifs au profit des entreprises et à assurer des financements aux États par le biais des diverses émissions obligataires publiques.

À elle seule, la BVMAC a levé des fonds d’un montant de près de 1,6 milliard d’USD (800 milliards de FCFA) sur le marché sous-régional de la Cémac durant la période 2008-2017. En dépit de ces progrès, ce marché demeure confronté à plusieurs challenges restreignant son développement.

Un approfondissement du marché pourrait également passer par la mise en œuvre d’un chantier plus structurant, à savoir la convergence des deux Bourses, la BVMAC et la DSX

Ce plan prévoit, en effet, que Libreville devienne la place de la régulation et que Douala soit la place financière étant donné que le Cameroun détient le tissu économique le plus dense de la communauté. Dans cette perspective, la Cosumaf et la CMF ont consigné, le 11 avril 2018, dans une convention de coopération et d’échange d’informations, les procédures à appliquer durant la période de transition qui devait aboutir à une bourse de valeurs unique pour la région Cémac, à l’horizon du 30 juin 2019.

La concrétisation de ce projet de rapprochement devrait contribuer à dynamiser le marché financier de la sous-région

Selon les estimations de Roland Berger, cette fusion pourrait, d’ici 2020, générer près de 1,8 milliard d’USD (1 000 milliards de FCFA) d’émissions. Piloté par la BEAC qui a lancé une étude pour organiser cette intégration, ce processus d’unification prévoit d’abord la création d’une seule autorité de régulation à savoir, la Cosumaf, et dont le siège est désormais à Libreville au Gabon.

Cette convention préconisait ensuite l’installation de l’entreprise de marché unique, la BVMAC, à Douala au Cameroun, impliquant de facto la disparition de la DSX. L’unification des marchés a aussi abouti à la mise en place d’un seul dépositaire central qui est provisoirement la BEAC et ce, dans l’attente de l’agrément d’une structure indépendante dédiée à cette activité.

Si l’unification des places boursières de Douala et de Libreville représente une grande avancée vers la mise en place d’un marché financier sous-régional plus efficace, il reste une exigence encore plus grande, celle d’œuvrer pour l’accomplissement d’une intégration économique et financière régionale plus poussée.

En définitive, les diverses réformes économiques et financières actuellement engagées par les pays de Cémac, même si elles nécessitent encore un renforcement, devraient déjà libérer une partie du potentiel de croissance des économies de la zone et accélérer leur transformation structurelle.

À ce titre, le système financier peut jouer un rôle crucial dans le développement économique des pays de la sous-région, moyennant notamment le soutien de leur diversification économique, le renforcement de l’inclusion financière de leur population et l’amélioration de l’accès de leurs entreprises au financement.

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