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Risque politique : Les 10  pays à surveiller en Afrique, selon Coface

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Le risque politique s’accroît en Afrique, estime Coface dans son dernier Panorama sur le continent.

Selon l’assureur crédit, dix pays seront ainsi « à surveiller dans un futur proche », parce qu’ils « pourraient être ou continuer à être secoués par des troubles politiques ». Ce Top 10 est constitué de l’Angola, du Cameroun, de Djibouti, de l’Égypte, de l’Éthiopie, de la Mauritanie, du Mozambique, de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Tchad.

Pour dresser ce tableau à risque, l’assureur crédit explique qu’il a croisé la situation actuelle de ces pays – les conflits qui les traversent, le terrorisme dont ils sont victimes, les tensions sociales et politiques qu’ils subissent – avec l’évolution constatée entre 2008 et 2018 (le score doit avoir augmenté de plus de deux points de pourcentage en dix ans).

La Libye, pays avec le plus de conflits

Selon l’assureur crédit, d’autres pays méritent à côté d’être regardés de près. Sur une période de dix ans, leur évolution n’est pas aussi grave. Reste que la situation actuelle est souvent compliquée comme en Libye, au Soudan, en Algérie, au Gabon, au Congo et au Zimbabwe.

A ce jour, la Libye est le pays où l’indice de conflit est le plus élevé devant la République centrafricaine, la RDC, le Nigeria, le Mali, le Cameroun, le Soudan, l’Égypte, l’Éthiopie et le Niger. Le terrorisme est, lui, plus particulièrement présent dans le Sahel et en Afrique de l’Est.

« Il y a la dégradation de la sécurité au Sahel et au Nigeria, les mouvements populaires majeurs en Algérie et au Soudan, les heurts post-électoraux du Bénin et de la Mauritanie », énumérait Ruben Nizard, économiste spécialisé sur l’Afrique chez Coface, lors d’une conférence de presse, le 4 juillet, sur lactualisation des évaluations de l’assureur-crédit sur les risques pays et secteurs.

 Angola, Éthiopie : une révolution politique périlleuse

Que l’Angola et l’Éthiopie figurent dans le Top 10 peut surprendre. Les nouveaux leaders politiques, le président João Lourenço à Luanda, et le Premier ministre Abiy Ahmed à Addis-Abeba, font souffler un nouvel air frais dans leur pays. Toutefois, « malgré la volonté du premier, justifiait Ruben Nizard, l’Angola, victime de la baisse des prix du pétrole, n’est pas encore sorti de la récession, même si les perspectives sont plutôt favorables ». Le niveau de la vie de la population a diminué et l’inflation s’établit à 17,5 %, ce qui ne contribue pas à réduire les incertitudes.

Quant à l’Éthiopie, les tensions ethno-socio-politiques représentent un niveau de risque élevé, malgré l’arrivée d’un chef de gouvernement Oromo, après 25 ans de pouvoir tigréen. Le chef d’état-major des armées et le président de l’État d’Amhara viennent ainsi d’être assassinés.

En Égypte, la stabilité politique retrouvée est fragile, avec l’intention prêtée au président al-Sissi de briguer un troisième mandat en 2024, après avoir étendu son mandat actuel à la faveur d’une révision constitutionnelle. Les conditions économiques ne sont pas bonnes : une inflation de 14 %, un niveau de chômage élevé, surtout de la jeunesse.

Au Mozambique, le processus de paix entre le Frelimo au pouvoir depuis l’indépendance en 1975 et l’opposition du Renamo patine, comme l’ont montré les heurts partisans à l’occasion des dernières élections municipales. Or, un scrutin législatif est prévu en octobre, ce qui peut provoquer d’autres débordements sur fond de crise de la dette et de forte corruption.

Le spectre des présidents à vie

Au Cameroun, les mauvaises conditions économiques, la crise dans les régions anglophones inquiètent, alors que Paul Biya, plus ancien chef d’État en exercice (36 ans) après son homologue de Guinée Équatoriale Teodoro Obiang (39 ans), s’est représente pour un septième mandat.

Enfin, l’élection présidentielle du 22 juin en Mauritanie a donné lieu à des heurts. « Les résultats ont été contestés par l’opposition et la réponse sécuritaire a été forte », a constaté Ruben Nizard. C’est ainsi que pour éviter toute mobilisation Internet a été coupé.

De façon générale, Coface remarque que là où les instruments de mobilisation, dont Internet, sont présents en Afrique, il y a une intensification du risque et une source potentielle de déstabilisation. Ainsi, les réseaux sociaux comptent énormément dans la mobilisation actuelle en Algérie et au Soudan. Par ailleurs, sur le continent plus le niveau d’éducation, d’urbanisation et de participation des femmes est élevé, plus la mobilisation est forte.

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