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Zone CEMAC : L’impact de la remontée des cours du pétrole et du gaz sur la croissance du PIB reste modéré, mais perceptible

La remontée des cours de pétrole brut et de gaz a entraîné une reprise des investissements privés dans ce secteur qui contribuerait à hauteur de 4 points à la croissance du PIB en 2018 selon la BEAC. La production pétrolière en zone CEMAC se situerait en 2018 à 44,6 M de tonnes en hausse de +6,2 % par rapport au niveau atteint en 2017.

En 2017, le Congo est le premier producteur de la zone avec une production qui représente 35,6 % du total, viennent ensuite le Gabon (24 %), la Guinée Equatoriale (18,4 %), le Tchad (13,9 %) et le Cameroun (8,1 %).

Au Congo, la production de pétrole brut augmenterait de 19,5% en 2018. Sur les trois premiers mois de l’année, la production et les exportations pétrolières ont augmenté de respectivement 53,2 % et 75,4 % en glissement annuel.

Cette forte hausse de la production pétrolière résulte principalement des performances des champs Moho-Nord et Néné ainsi que de l’amélioration de la rentabilité économique des investissements dans les anciens champs suite à la remontée des cours du brut. La production du champ pétrolier Moho-Nord devrait atteindre 100 000 barils/jour.

La production de gaz a marqué un repli important en 2017 (-20,5 %) mais les perspectives pour 2018 sont positives. Elle s’est en effet fortement redressée au quatrième trimestre 2017 (+77,2 %) et au premier trimestre 2018 (+71,7 %), grâce à la montée en régime des champs Moho-Nord et Moho-Bilondo.

Au Gabon, la production de pétrole brut augmenterait de 1,9 % en 2018. L’investissement privé dans le secteur pétrolier resterait faible en 2018, avec une contribution négative à la croissance du PIB, la stratégie des opérateurs étant axée sur l’optimisation des vieux champs.

En Guinée équatoriale, la production de pétrole brut baisserait de 5,7 % et celle de gaz de 14,2 %. La production pétrolière décline depuis 2013, une tendance qui devrait se poursuivre les principaux champs étant matures.

Par ailleurs, l’adhésion de la Guinée équatoriale à l’OPEP en mai 2017 devrait renforcer cette tendance à la baisse de la production. Les réserves de pétrole prouvées se chiffrent à 1,2 milliard de barils soit environ dix années de production au rythme actuel. Huit nouveaux contrats d’exploration d’hydrocarbures ont été signés en 2017, dont quatre on-shore (Rio Muni, sur la partie continentale) et le gouvernement annonce des investissements à hauteur de 1,6 Md USD en 2019.

Ces investissements viseraient entre autres à relancer la construction du second train de liquéfaction alimenté uniquement à partir des ressources équato-guinéennes, et d’un complexe pétrochimique également autoalimenté. Ces deux projets avaient été interrompus en raison de la baisse des cours de pétrole brut.

Au Tchad, la production de pétrole brut augmenterait de 6,9 % en 2018. Des investissements dans ce secteur seraient en cours de mise en œuvre, avec la construction du champ pétrolier et gazier de Sédigui. Cependant, au premier trimestre 2018, la production pétrolière diminuait de 7,7 %.

Ce recul est expliqué par le vieillissement des champs pétrolifères, notamment ceux du bassin de Doba et des pannes de turbines d’exploration. Pour relancer la production pétrolière, le gouvernement a signé le 19 janvier 2018 un accord avec le consortium Esso qui opère sur le bassin de Doba.

Cet accord prévoit la prorogation du permis d’exploitation du consortium jusqu’en 2050 pour lui permettre de développer une nouvelle technologie d’extraction. Par ailleurs, les quantités de pétrole brut vendues devraient augmenter grâce à l’augmentation des cours, mais aussi grâce à l’accord signé le 21 février 2018 entre l’État tchadien et la société de négoce suisse Glencore, pour le rééchelonnement de sa dette commerciale de 1,36 Md USD. Cet accord prévoit entre autres une période de grâce de deux ans et une réduction du taux d’intérêt de 7,5 % à 2 %.

Au Cameroun, la production de pétrole brut baisserait de 7,7 % et les quantités vendues de plus de moitié. En revanche, l’entrée en production au mois de mars 2018 de l’usine flottante de gaz naturel liquéfié au large de Kribi permettra une progression significative des exportations de GNL. Un projet similaire à Limbé serait à l’étude.

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