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Gabon : Une politique d’investissements ambitieuse limitée par une capacité de mise en œuvre réduite

La politique d’investissement menée par le Gabon répond à des besoins réels en infrastructures.

Le gouvernement avait ainsi programmé la gestion par l’Agence nationale des grands travaux (ANGT) de 175 projets de 2012 à 2025 au moyen d’un effort budgétaire de l’ordre de 20 Mds USD, consacrant ainsi environ 10 % de son PIB au rattrapage en matière d’infrastructures.

Si certains projets ont un caractère social affirmé (hôpitaux, écoles, routes…), d’autres projets d’infrastructures, plus ambitieux, sont nés de la volonté de faire de Libreville la vitrine de l’émergence, avec plus ou moins de succès (Baie des Rois, aéroports provinciaux).

La communication de la politique de l’émergence a eu également un coût non négligeable (maquettes, études etc.), de même que l’organisation de quatre éditions du New York Forum Africa. Les projets structurants n’ont pas été délaissées : infrastructures numériques (déploiement de la fibre optique), appuis aux filières industrielles, infrastructures routières, réhabilitation du Transgabonais, centre d’enfouissement technique des déchets de Libreville, infrastructures portuaires et aéroportuaires, infrastructures électriques (barrages, interconnexion), logement…

Parallèlement, des projets liés aux infrastructures sportives ont été programmés, en vue de l’organisation de compétitions (CAN 2012 et 2017 notamment). Le Global Competitiveness Index montre ainsi une amélioration des performances du pays depuis 2014, après une forte chute de l’indice fin 2013.

Par ailleurs, un rapport de la Banque mondiale daté de 2015 (Cahiers économiques du Gabon, déc. 2015) indique que la mise en œuvre du PSGE, malgré un ralentissement de la croissance a permis quelques améliorations, notamment l’amoindrissement de la contribution du secteur pétrolier dans le PIB (passant de 46,5 % du PIB en 2010 à 28 % du PIB en 2014), une hausse de l’emploi dans le secteur privé et la baisse des tensions inflationnistes.

Dans les faits, la mise en œuvre de ces projets s’est heurtée à des difficultés d’absorption et d’évaluation des projets par les services gabonais, voire à des cas de corruption (opération Mamba, opération judiciaire de lutte anticorruption, mettant en cause plusieurs anciens ministres).

Des difficultés de coordination entre les ministères techniques et l’ANGT ont également perturbé la gouvernance des projets, dans un contexte économique contraint. Nombre de projets emblématiques ont été ajournés (centre d’enfouissement des déchets), arrêtés ou accusent des retards importants (le tronçon PK5-PK12 à la sortie de Libreville arrêté maintes par fois en raison d’impayés).

Cette difficulté à mettre en œuvre les grands projets structurant pour l’économie gabonaise (mais générateurs d’endettement) se matérialise aussi dans le cadre de notre coopération bilatérale avec l’AFD comme l’atteste le récent arrêt du projet d’assainissement des bassins versants de Gué-Gué (convention de crédit de 72 milliards FCFA signée en mai 2014) suivi par l’AFD.

Ce projet s’est heurté à l’absence de réalisation par la partie gabonaise de ses obligations : inachèvement du site de relogement pour les populations déplacées (financement BDEAC décaissé à 90 % avec un taux de réalisation inférieur à 40 %) et aucune visibilité sur la possibilité de finaliser le chantier à court ou moyen termes.

Ainsi, avec un acteur économique émerge (Olam) via un partenariat inédit – GSEZ (Olam, Etat gabonais, AFC) –, plusieurs projets pourraient se développer sur la base de PPP. Cette modalité, peu utilisée au Gabon, offre l’avantage, à court terme, pour les finances publiques d’offrir un financement 100 % privé.

Tel a été le cas du port général à cargo d’Owendo, financé à 100 % par GSEZ, pour un montant total de 181 milliards FCFA. Le projet de nouvel aéroport, confiée également à GSEZ, devrait se développer sur les mêmes bases.

Avec la DGT ( France)

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