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« Depuis 2012, nous avons réalisé un certain nombre de projets importants qui permettent aujourd’hui, la circulation des biens et services sur l’ensemble du territoire. » dixit Christian Magnagna 

Le ministre gabonais de l’Equipement, des Infrastructures et des Mines , Christian Magnagna.

C’est la substance d’un entretien bilan d’année, avec le ministre gabonais de l’Equipement, des Infrastructures et des Mines , Christian Magnagna. 

(Conjonctures Economique). Excellence, nous sommes pratiquement au terme de l’année 2018, quel bilan peut-on faire de vos actions à la tête du ministère de de l’Equipement, des Infrastructures et des Mines ?

Christian Magnagna : C’est une année pleine d’enseignements Tout simplement parce que le nouveau gouvernement mise en place depuis le 04 Mai 2018, a dû travailler sous des contraintes liées à la conjoncture économique, la situation financière de l’état et le relèvement positif de l’économie. Donc, nous partons sur une note d’espoir en priant Dieu que le chef de l’état rentre le plus rapidement possible, pour nous permettre de reprendre la route du développement du Gabon.

S’agissant des Infrastructures, que peut-on retenir en termes d’acquis ?

Quand on parle d’infrastructures, ce qu’il faut relever, c’est que c’est d’abord un vaste chantier.  Le Gabon est un grand pays, avec une population de près de deux millions d’âmes qui qui habite essentiellement à Libreville, mais également à l’intérieur du Pays. Les infrastructures ont justement vocation à développer le Gabon pour permettre, non seulement, le désenclavement de l’intérieur pays, faciliter la mobilité des personnes dans les quatre coins du pays, mais aussi de permettre le développement de l’économie. C’est à dire valoriser nos exploitations minière et agriles, l’activé de transport qui est importante pour la mobilité des populations, et développer toutes formes d’industries qui pourraient se constituer en pôles, comme c’est le cas à Libreville. A cet effet, nous devons saluer les infrastructures comme la Zone économique spéciale de Nkok.

Tout comme celles à venir, c’est-à-dire, celles qui viennent d’être mises en place au niveau de Lastourville. Nous devons saluer la jonction à travers les infrastructures modernes entre les clusters minier, à l’image de celui de Moanda-Franceville, et le reste du pays. Les infrastructures sont donc capitales, parce qu’elles doivent permettre également, la valorisation de nos ressources à travers les ports de commercialisation, les infrastructures minières, comme le port minéralier d’Owendo, le développement du port commercial d’Owendo, et la création des pôles à venir. Il mettre tout en valorisation. Et c’est là où, interviennent ces vecteurs de développement que sont : la route, le chemin de fer, les ports modernes et tout ce qui peut concourir à fluidifier le commerce. Les acquis, c’est la perception des objectifs que nous avons à remplir.

Le département dont j’ai la charge a pour sujet majeur la mise en œuvre de vision politique du chef de l’Etat, celle de permettre un développement intégral du pays, à travers des infrastructures qui permettent à tous les Gabonais de communiquer, aux marchandises de s’évacuer et aux importations d’atteindre tous les coins du Gabon. La vision du chef de L’Etat est de créer le lien entre le développement des infrastructures et le développement économique. C’est donc une avancée majeure dans l’organisation du gouvernement.

Et en termes de bilan ?

Il faut d’abord rappeler ce qu’on a déjà eu comme réalisations, puisque le programme de développement des infrastructures du chef de l’Etat, conforme au Schéma directeur national des infrastructures adopté en 2012, n’a commencé qu’en 2018. On a réalisé un certain nombre de projets importants et qui, aujourd’hui, permettent la circulation des biens et services sur l’ensemble du territoire. En 2018, c’est surtout la route nationale1 que nous sommes en train de livrer, notamment la section PK5-PK12. C’est aussi le lancement du programme de réhabilitation des voiries urbaines de Libreville.

Soit 112 voies qui vont être réhabilitées, pour pouvoir apporter un confort au niveau des populations de la capitale gabonaise, améliorer leurs conditions de vie et sortir de cette image triste où nous avons des crevasses et des flaques d’eau sur un certain nombre de rues. La capitale gabonaise mérite d’autres voies, et nous sommes en train de nous y atteler.

L’autre point que nous pouvons aussi relever, concernant les infrastructures, est l’avancée de l’emblématique projet port- Gentil- Omboué qui est en cour de finition.et qui va donner lieu à un autre projet par la suite, pour permettre la jonction entre Omboué et la nationale1, en passant par Yombi, pour permettre la circulation entre l’est et l’ouest, et sur le littoral du Gabon, et la valorisation d’un volet important : l’énorme potentiel touristique de notre Pays.

La route du PK12 en direction de Kango pose problème. Qu’attend la société chinoise adjudicataire pour démarrer les travaux ?

L’entreprise a démarré le chantier, mais elle doit accélérer le rythme de mobilisation et de travail. Le principal frein est la mise en place de la convention de financement du projet avec les institutions bancaires chinoises. C’est un processus qui prend quelques mois. En attendant cette mise en place, l’entreprise s’est engagée à résorber les bourbiers sur cet axe, et à rendre la voie viable aussi bien aux véhicules légers, qu’aux poids lourds.

A quand le démarrage effectif des travaux des voiries urbaines que vous citez ?

Les travaux sont bel et bien effectifs, notamment dans le premier arrondissement de Libreville où Colas est bien mobilisée. Par ailleurs, pour certains sites, cette société se trouve en phase d’études comme l’exige la norme dans toute réhabilitation d’infrastructures. Une fois cette phase sera terminée, l’entreprise passera à celle des travaux physiques, en profitant de la saison sèche pour monter en régime. COLAS a déjà perçu une avance de 10 milliards de francs, représentant la contrepartie de l’Etat pour ce vaste chantier.

Concernant les voiries de Libreville et l’entretien de ces voies, qui en est responsable entre votre département et l’Hôtel de ville ?

Les choses   sont organisées : c’est le ministère en charge des infrastructures qui s’occupe de l’ensemble du patrimoine routier national. Lequel comprend les routes nationales, les routes départementales et, au niveau de Libreville, certaines voiries importantes, transversales et structurantes. C’est le cas de la voie-Express, du front de mer, du boulevard triomphal, mais aussi d’autres voies importantes créées par l’Etat. Toutes ces voies doivent être entretenues   par le gouvernement, à travers le ministère des infrastructures.

Ensuite, il y a des voies que la mairie a créées et dont l’entretien lui incombe. Il faut peut-être rappeler que le processus de la décentralisation au Gabon est en cours, mais cette loi n’est pas encore arrivée à son terme pour permettre aux collectivités locales de prendre en charge l’entretien de leurs voiries. Donc, pour l’instant, l’Etat appuie le développement de ces voies. En somme, le ministère intervient sur l’ensemble du réseau routier, qu’il soit national, départemental ou urbain, y compris, évidemment, ces petites voies sur lesquelles l’Etat vient en appui aux collectivités locales, lorsqu’il le peux.

Aujourd’hui, le gouvernement ne dispose pas de toutes les ressources pour s’occuper de son réseau routier national. Il lui est difficile de s’occuper du réseau routier national. Il lui est difficile de s’occupe du réseau routier national. Il lui est difficile de s’occuper du réseau urbain pris en charge par les municipalités, mais l’ambition est de s’occuper de la mobilité et de la circulation de tous les Gabonais et d’apporter un confort dans tous les quartiers. C’est la responsabilité du gouvernement. Nous nous y attelons.

Le projet d’aménagement des bassins versant a –t-il été rangé dans les tiroirs ?

Pas du tout. Le gouvernement s’emploie à relancer ces chantiers avec tous les partenaires concernés. Une rencontre avec les bailleurs de fonds est en préparation dans les prochains jours, afin de réfléchir, ensemble, à des solutions pour la reprise très prochaine desdits chantiers. Car, pour le gouvernement, les bassins versants demeurent un sujet prioritaire. Concernant, par exemple, les bassins versants de Nzeng-Ayong, leur niveau de réalisation actuel est de 78%.

En parlant des ressources, et compte tenu de la situation économique qui n’est pas très reluisante, comment l’Etat arrive-t-il à faire face à ces engagements ?

Les ministères ont une charge qu’on considère comme ingrate parce que, aujourd’hui, compte tenu de la contraction des ressources. L’Etat doit faire des arbitrages et, parfois, des impasses. Pour ce qui est de l’entretien routier, c’est ce que nous observons depuis le début de la crise. Depuis 2013 l’entretien routier n’a pas été effectué comme cela aurait dû l’être. Parce qu’il y a des ajustements budgétaires, en se disant qu’on va faire une impasse sur ce dossier pour privilégier, par exemple, la masse salariale, les secteurs de la santé, de l’éducation, etc.

Globalement, le bilan est celui que nous connaissons et observons à travers les images venant de l’intérieur du pays, ou de ce que nous vivons dans la capitale. Il y a des routes qui n’ont pas été entretenues depuis un certain moment. Il s’agit, aujourd’hui de revenir sur les choses qui ont marché autrefois. Et le chef de l’Etat a demandé au gouvernement de revenir sur les fondamentaux.

Cela suppose qu’il faut identifier les ressources pérennes qui vont permettre d’entretenir les voies. Cet entretien doit être finance par des ressources pérennes qui viennent, dans la plupart des cas, des usagers comme cela fait dans la plupart des cas, des usagers comme cela se fait dans d’autres pays.il y a quelques années, existait le fond routier.

C’est un fonds qui récolte un certain nombre de redevances dédiées à l’entretien routier. Voilà donc une   formule de ressources pérennes sur lesquelles nous sommes en train de revenir.sa suppression a eu lieu en 2015-2016.compte tenu de la charge de la dette qui se cumulait déjà au niveau du fonds routier. Le budget de l’Etat a décidé de ramener l’ensemble de ces ressources au niveau de la caisse centrale, afin de traiter l’ensemble de la dette qui était constituée par des attachements, des décomptes qui ne se payaient plus, du fait des retards. La redevance est payée au trésor. Mais cette administration n’a pas la marge suffisante pour faire le reversement au niveau du fonds, elle garde la trésorerie et souvent, le fonds accumule des décomptes.

C’est donc un système que nous avons observé et qui a fait que le fonds soit ramené au niveau du trésor pour l’obliger à payer finalement ces décomptes. Mais à l’exercice, nous sommes en train de revenir sur le modèle qui a existé, c’est-à-dire la remise en état d’un fonds qui va reprendre l’ensemble de ses redevances et être détaché des contraintes du trésor, afin de s’assurer de l’entretien routier qui permet la circulation des biens, la mobilité des personnes et la valorisation des produits agricoles.

Les images sur l’état du réseau routier, qui nous reviennent de l’intérieur de pays, sont regrettables. Et, en tant que ministre en charge de ce secteur, je suis le premier à présenter mes excuses aux populations et à m’engager qu’à partir de 2019, des solutions durables soient trouvées pour régler définitivement cette situation déplorable.

Tout ceci donne l’impression que l’entretien routier est désormais laissé pour compte…

C’est un constat et je l’assume : il n’y a pas eu d’entretien routier depuis 2013. Il a fallu faire des arbitrages budgétaires qui privilégiaient l’école, la santé, la masse salariale. Et la conséquence, c’est ce que nous voyons avec les images qui nous reviennent de l’intérieur du pays, où le trafic est interrompu dans certaines localités.

Quel rôle joue, aujourd’hui, les Directions provinciales des travaux publics ?

Les Directions provinciales des travaux publics ont un rôle d’observateur, de surveillance de l’ensemble du réseau routier national, chacune dans sa zone. Elles passent dessus, relèvent des points de faiblesse et remontent les informations au niveau de l’administration centrale, pour que leurs observations et propositions soient prises en compte dans le cadre de la programmation de l’entretien routier, ou de l’intervention de l’Etat sur l’ensemble de ce réseau routier.

Les directions provinciales font ce travail tout le temps. Elles remontent les informations au niveau de la Direction générale de l’entretien des routes et aérodrome. Mais faute de moyens financiers pour répondre à leurs sollicitations, voire à leurs injections, on se retrouve à cette situation liée à la contraction des ressources.

Compte tenu de ces difficultés, à quoi devrait-on s’attendre en termes de perspectives ?

Le travail que nous menons actuellement, depuis huit mois que je suis là, est d’abord celui d’analyser la situation pour identifier les difficultés. Puis, se dire que si la trésorerie générale de l’Etat ne peut continuer à payer parce qu’elle est sujette à arbitrage, à crise et à pression, alors trouvons un modèle économique et financier qui permette de garantir un financement durable de la ressource nécessaire pour l’entretien routier, afin de ne pas tomber dans les images précédentes.

La deuxième chose est de réfléchir sur l’existence d’un certain nombre de structures. Aujourd’hui, nous avons une régie administrative avec de hauts fonctionnaires et main d’œuvre non permanente qui a un savoir-faire. Comment l’utilisons-nous ? Pour l’utiliser, il faut la ressource ou la réorganiser. Nous sommes donc en train de proposer des scénarios qui vont nous permettre de la rendre beaucoup plus dynamique.

Nous regardons aussi comment associer, à la régie administrative, le Génie militaire qui a déjà une compétence, dans la recherche de notre performance sur l’ensemble du territoire national. L’autre idée est de dire faisons le bilan de tous travaux engagés depuis 2012. Il y a des contrats octroyés à des entreprises financés sur les ressources propres de l’Etat, ces contrats sont lourds et n’ont pu être honorés par l’Etat, parce que la route coûte cher. Ce qui a fait que les chantiers se sont arrêtés.il va falloir réfléchir à ce que nous devons faire de ce tas de commandes. Et là, à partir de 2019. Ces commandes vont faire l’objet d’un redressement, c’est-à-dire les reprendre et discuter avec les opérateurs s’ils peuvent continuer ou pas, en leur présentant notre situation qui ne nous permet plus de financer. Donc, ensemble, accordons-nous sur la nécessité de surseoir à ces commandes et de passer la main à d’autres ressources.

Notamment les bailleurs de fonds qui vont certainement nous poser leurs conditions si nous souhaitons leur accompagnement. Nous parlons, en outre, du rôle des instruments sous tutelle comme l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI), le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics du Gabon (LNBTPG), etc., pour permettre au ministère en charge des infrastructures de se redéployer dans l’aménagement routier, en rentrant dans le plan de relance économique qui part de 2018 à 2022, et qui est notre canevas.

Au demeurant, les conditions sont celles-là, nous sommes en train d’écrire une feuille de route que nous allons présenter, début janvier, au chef de l’Etat, à l’ensemble des partenaires qui se présentent à nous pour que, à partir de 2019, nous puissions relancer le programme d’aménagement de notre réseau routier qui comprend le programme des travaux neufs, l’entretien routier et la réalisation des équipements industriels, ferroviaires. Le chemin de fer est sujet majeur qui va nous accompagner dans le développement des gisements miniers tels que Belinga, l’extension sur le sud du Gabon. Le réseau ferroviaire est la clé pour la valorisation des ressources minières.

Et puis, derrière ce volet du chemin de fer, il y a la question de comment faciliter la circulation dans le « Grand Libreville » qui comprend Akanda, Libreville, Owendo jusqu’à Ntoum, avec un nouvel aéroport et des nouveaux centres de conférences qui vont arriver et la pression de l’habitat. Ce sont des réflexions qui vont arriver et la pression de l’habitat. Ce sont des réflexions que nous menons, afin qu’elles donnent lieu à des recommandations et un plan d’action que nous allons soumettre aux bailleurs et aux ministères financiers, pour démarrer un plan de travail qui va durer trois, quatre, cinq ans, pour permettre d’apporter le confort que nous attendons pour les Gabonais à Libreville.

Vous avez décliné un plan pour la pérennisation de l’entretien routier au Gabon. En tant qu’ancien Directeur général du fonds d’entretien routier et ministre du Budget, qu’est ce qui garantirait la fiabilité de cette stratégie ?

Tout n’est que volonté politique. Mais après ; celle-ci se prononce quand on donne des arguments. Notre travail ici, c’est de présenter un argumentaire qui permettra au chef de l’Etat de décider. Cet argumentaire est quasiment acquis, puisque le président d la république, lui –même, a demandé que le gouvernement revienne sur les fondamentaux. Il s’agit donc de proposer des formules qui ont marché dans le temps, qui marche dans notre pays, et qui permettent à la volonté de les acter définitivement dans la marche du pays.

L’identification des ressources pérennes est, à mon avis, le moyen unique pour garantir la circulation des biens et des services sur l’ensemble du territoire. Et puisque c’est la route qui apporte le développement, nous devons œuvrer pour que son développement soit une action pérenne de l’Etat, et que son entretien permanent soit une action pérenne de l’état ; et que son entretien soit une préoccupation partagée par tous.

Abordons à présent le dossier des mines. On a l’impression que la croissance de ce secteur est portée essentiellement par le manganèse. Doit-on comprendre que l’Etat est moins regardant sur les autres ressources ?

Pas du tout ! en 2016, quand j’arrivais à la tête du département des mines, nous avions une contribution au PIB qui était de l’ordre de 2%. Aujourd’hui, nous sommes autour de 6% et l’objectif, sur les deux prochaines années, est d’atteindre au moins 10%. Bien sûr, par le manganèse qui est en progression en termes de coûts et de volumes, mais avec la diversification du secteur minier. Nous nous intéressons, par exemple, au diamant. Nous venons d’accéder au processus de Kimberley, qui est la clé de la vente de cette ressource. Maintenant, il nous faut organiser l’activité diamantifère et les acteurs de la filière. Les régions diamantifères ont été identifiées.

Il s’agit à présent de les accompagner pour sortir nos productions de l’informel. Il en est de même de l’or.il faut accompagner le développement économique de l’informel vers le formel. L’informel capte l’essentiel de nos productions. Ce qui est une perte, puisque cela n’apparaît pas sur la contribution du secteur minier au PIB. Donc, nous souhaitons d’abord sensibiliser ceux qui travaillent sur ces matières-là, de l’intérêt de revenir sur l’activité formelle, de se faire connaitre et de se déterminer comme opérateurs citoyens. Parce que, le jour où toutes ces productions entrent dans la production nationale, la contribution du secteur minier sera beaucoup plus importante que celle qu’on a avec le manganèse.

En marge du manganèse, du diamant et de l’or pour lequel nous appelons les opérateurs engagés, avec une usine de raffinage que nous souhaitons implanter à Nkok grâce, notamment, aux investissements directs étrangers, nous avons d’autres matières que nous souhaitons relever. Par exemple, les matériaux de carrières et de sables, qui sont difficilement retracés aujourd’hui parce qu’ils échappent totalement à la production nationale et la comptabilité publique. L’objectif pour nous est d’améliorer le système d’informations, de statistique qui va nous permettre progressivement de compléter la production de manganèse de tout ce que nous faisons. Nous avons également d’autres matières en développement.

Lesquelles ?     

Nous sommes en train travailler, par exemple, à la promotion de nos gisements de fer. Nous en avons un en préparation, dans la région de la Nyanga, avec l’opérateur Avila. Nous nous intéressons aussi à développer les gisements de fer de Belinga et Baniaka. Quand ces gisements rentreront en production, probablement dans deux ou trois ans, la marge la marge finalement de manganèse va se retrouver baissée par rapport à la haute production de fer, parce qu’on va aller dans les quantités. Plus de quatre millions de tonnes de manganèses, comme cela se fait aujourd’hui.

Nous serons à 40 millions de tonnes de fer par an. En clair, le paysage économique et industriel du Gabon va changer, dès qu’on va entrer dans la production du fer et d’autres substances qui vont arriver. Je vous cite, là, les éléments sur lesquels repose notre stratégie à moyen terme. Pour le manganèse, il faut bien sur recadrer la filière avec des principaux opérateurs que nous avons. Nous avons donc d’autres sources pour améliorer la contribution du secteur minière dans le PIB national, pour qu’elle passe à deux chiffres.

Quid de la mesure interdisant l’exploitation artisanale de l’or ?

C’est une stratégie qui vise l’ouverture des mines à petite échelle. Il y a de l’or partout au Gabon. N’importe qui peut creuser dans un périmètre, il trouve la substance qu’il vend ensuite dans l’informel. Si l’exploitation est faite par deux ou trois personnes. Elles vont s’évader dans la nature avec la production. C’est pourquoi, nous préconisons la mise à petite échelle, qui a un caractère géographique, localisée avec une organisation administrative connue et un lien avec la fiscalité qui obligée.

Donc on préfère avoir des opérateurs économiques sous la forme d’une mine ; plutôt que de laisser l’orpaillage reprendre en intensité. Parce qu’on sait que les produits de l’orpaillage sont difficilement captés, du fait que la plupart des opérateurs sont très peu concernés par les obligations de s’aligner au principe de la production nationale. Le chef de l’Etat a promulgué un décret faisant de l’or une substance stratégique.

C’était pour permettre aux Gabonais de s’intéresser au secteur, comme cela se passe dans d’autres pays, de favoriser l’exploitation artisanale.la mine à petite échelle permet d’identifier et de suivre le développement. Mieux, il y a le reversement de la responsabilité sociale de l’entreprise. Parce que le revenu de cette mine, qui est suivi par la fiscalité, contribue au développement des zones d’exploitation. La formule consiste donc à revisiter tous les permis que nous avons octroyés. Et, au-delà, rappeler que tout ce qui se fait dans l’informel ne profite pas au Gabon et à ses populations. Et ce n’est pas parce que le pays le pays est ouvert que les premiers bandits d’autres pays doivent venir voler nos richesses.

Faites- vous allusion à Minkébé lorsque vous parlez de bandits ?

C’est une situation connue, une réalité, on ne peut la cacher. Minkébé a été envahie par les populations venues d’autres pays. Elles ont pillé, et cela n’a jamais profité à l’économie gabonaise.

Combien d’opérateurs exercent dans le secteur aurifère ?

Je compte les opérateurs connus. Il y en a trois : le Marocain Managem, l’Indien Alpha Centuri et un opérateur Chinois. Les autres, ce sont beaucoup plus des orpailleurs ou des permis de recherche. Même quand ils ont les permis de recherche, ils mettent les surfaces en jachère, en attendant d’avoir un étranger qui vienne les aider à exploiter. Maintenant, il faut permettre que les nationaux fassent la mine, et je suis disposé à permettre que les nationaux fassent la mine, et je suis disposé à permettre que les Gabonais fassent l’orpaillage sans sous-traiter.

L’or est produit au Gabon, mais qu’est ce qui explique qu’on n’ait pas une trace dans le tableau de bord de l’économie ?

Je pense que c’est une défaillance qui vient du ministère de l’économie, parce que nous communiquons. Les chiffres du manganèse, du sable, des carrières, de l’or sont connus parce qu’ils passent par la Douane. Le ministère de l’économie devra faire des efforts pour que, dans son cahier, il prenne toutes les bonnes informations. Lorsque vous regardez dans le cahier de l’économie, il marque 4% au titre de la contribution du secteur minier au PIB, alors que nous sommes à 6%

En 20105, le Gabon a été exclu de l’initiative pour la transparence dans les industries extractive (ITIE), ce dossier est –il définitivement clos ?

Le chef de l’Etat a demandé, depuis 2017, qu’on revienne sur cette initiative. Nous sommes donc en train de travailler sur ce dossier. L’aboutissement de notre adhésion au processus de Kimberley est un pas au retour de l’ITIE, parce que nous gagnons à être transparents. Notre note à l’international, qu’il s’agisse dans les affaires avec Doing business ou dans d’autres agences de notation, on est noté parce qu’on a une économie transparente. Si on est opaque, surtout dans le secteur minier, on perd évidement en notation. Ce qui n’est pas une bonne chose pour un pays comme le nôtre, qui se veut ouvert aux investissements directs étrangers, en quête de développement, avec l’accompagnement des bailleurs de fonds et des partenaires traditionnels.

L’attractivité du secteur s’apprécie aussi par rapport au nombre de contrat d’exploitation attribués. Qu’en est-il de la nouvelle loi minière ?

Le nouveau code minier, qui est en traitement au niveau du parlement, fera l’objet d’une loi de promulgation au mois de Janvier prochain par le chef de l’Etat. C’est un code attractif de notre point de vue, et c’est la contrainte que le président de la République nous a assignée. Celle de corriger le code de 2015 en rendant une loi qui tienne compte des observations de l’ensemble de nos partenaires internationaux, en la rendant moins contraignante. C’est un code que nous allons porter à l’international puisque, au niveau de l’Union Africaine, la question du secteur des mines a été évoquée. Voilà un exemple que nous allons porter en termes de contribution du Gabon.

Il y a des substances qui ont fait l’objet d’une exploitation autrefois. Les verra-ton à nouveau dans le domaine de la production minière au Gabon, notamment l’uranium ?

Il y a encore de l’uranium dans notre pays. Je peux vous dire qu’il en existe l’équivalent d’environ 20 mille tonnes qui sont, pour l’instant, enfouie dans la terre. L’uranium à plusieurs impacts, sur les plans environnemental et économique, parce que son exploitation est onéreuse. Il faut donc attendre le retour des prix sur le marché suffisamment attractif pour pourvoir ouvrir nos gisements. Nous attendons également le retour du marbre, qui est bien connu chez nous, car présent notamment à Doussegoussou, dans la province de la Nyanga. Nous attendons d’avoir un opérateur sérieux, capable de nous amener sur son exploitation et sa valorisation par une transformation locale. Cela amène des emplois au niveau de la localité notamment.

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