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Les comptes extérieurs pays de la CEMAC se redresseraient en 2018 sans toutefois réduire leurs vulnérabilités extérieures

Profitant de l’amélioration des termes de l’échange, le déficit des transactions courantes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), se contracterait en 2018, revenant de 4,2 % du PIB (2 042,3 milliards) en 2017, à 3,7 % du PIB un an plus tard (1 960,1 milliards).

Selon les prévisions de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, (BEAC), cette évolution résulterait principalement de la hausse de l’excédent commercial qui serait contrebalancée par le creusement des déficits de la balance des services et des revenus, et la contraction de l’excédent des transferts courants.

Ainsi, l’excédent de la balance commerciale augmenterait à 6 193,5 milliards contre 4 318,1 milliards en 2017, en raison principalement d’un accroissement plus important des exportations (+27,7 %), notamment de pétrole brut (+ 29,6 %, à 10 813,9 milliards), de méthanol et autres gaz (+ 23,0 %, à 1 118,6 milliards), de manganèse (+ 7,8 %, à 651,3 milliards), et de bois (+ 5,5 %, à 882,4 milliards).

De leur côté, les importations progresseraient de 5,7 % à 9 618,4 milliards, signe d’une hausse des dépenses d’équipement dans les États, surtout dans le secteur pétrolier, notamment au Congo et en Guinée Equatoriale.

Quant aux termes de l’échange, ils s’amélioreraient de 16,4 % en 2018, à la faveur d’une augmentation plus importante des prix à l’exportation de 15,4 %, du fait de la bonne tenue des cours des principales matières premières exportées par les pays membres de la CEMAC, notamment le pétrole brut, le café, le cacao, le coton, et le manganèse, et d’une baisse des prix à l’importation de 0,8 %.

En 2018, le déficit de la balance des services se creuserait de 32,5 %, à 5 344,1 milliards contre 4 032,2 milliards en 2017, sous la pression des services aux entreprises pétrolières, et celui de la balance des revenus de 24,1 %, pour s’établir à 2 828,3 milliards, contre 2 278,5 milliards en 2017.

Par pays, les déficits du compte courant se contracteraient au Gabon (-2,6 % du PIB contre -4,8 % du PIB un an auparavant), au Tchad (-3,9 % du PIB après -7,1 % en 2017) et en Guinée Équatoriale (-9,6 % du PIB après -7,1 % en 2017).

Ils se creuseraient en revanche au Cameroun (-3,4 % du PIB après -2,5 % en 2017) et en République Centrafricaine (-8,0 % du PIB après -8,5 % en 2017) tandis que le solde courant redeviendrait excédentaire au Congo (+0,3 % du PIB contre -2,5 % en 2017).

De son côté, l’excédent du compte de capital et d’opérations financières devrait revenir à 1 835,1 milliards en 2018, contre 2 463,0 milliards en 2017, résultant surtout de la chute des autres investissements qui s’établiraient à – 804,2 milliards après 213,4 milliards, réduisant le surplus ainsi dégagé dans le compte des opérations financières.

Au total, le solde de la balance des paiements demeurerait déficitaire de 125,0 milliards, contre -127,9 milliards en 2017. Les pays de la CEMAC continueraient à recourir à des financements exceptionnels, en particulier des réaménagements de la dette d’environ 213,9 milliards au Tchad et des accumulations d’arriérés extérieurs de 107,0 milliards, qui diminueraient la pression sur les réserves de changes et même permettraient leur augmentation à hauteur de 195,9 milliards.

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