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Les acquis de la CEA en Afrique centrale

A la faveur de la célébration du 60ème anniversaire de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), occasion a été donnée de jeter un regard sur les acquis de cette institution.

Situé à Yaoundé, le Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale a été créé en 1962, quatre ans seulement après la création du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), dont le siège se trouve à Addis-Abeba, afin d’apporter aux États membres un soutien essentiel et utile pour faire face aux défis de l’heure se trouvant sur leurs voies vers le développement durable.

S’appuyant sur son analyse basée sur l’appui à la formulation/mise en œuvre de politiques à travers des rapports tels que « Les économies de l’Afrique centrale », « Suivre l’intégration régionale en Afrique centrale » et au regard des profils de pays, le Bureau a d’ores et déjà introduit des examens de deuxième génération de l’état de transformation structurelle au niveau des pays, dénommé Profil STEPS, destiné à inciter à agir pour créer des économies productives et résilientes aux chocs.

Le Bureau de Yaoundé continue de jouer un rôle de coordination, de secrétariat, de définition de l’agenda et de recherche de consensus pour résoudre les problèmes d’intégration et de développement au niveau de la sous-région. Cela s’est traduit par son rôle central au sein du Comité intergouvernemental d’experts pour la Centrafrique (CIE), convoqué chaque année pour débattre des problèmes et défis essentiels liés au développement économique et social de la sous-région, en vue de formuler des recommandations appropriées pour les résoudre, en traçant les voies de collaboration à cet effet.

Dans le cadre du CIE de 2017, le Bureau a adopté le Consensus de Douala sur « La diversification économique grâce à une industrialisation fondée sur les ressources et le commerce », un manifeste pour faire avancer le programme « Made in Central Africa » et briser le cercle vicieux des hauts et des bas de l’économie.

Le Bureau assure également les fonctions de secrétariat du mécanisme de coordination sous-régionale du système des Nations Unies pour l’appui à l’Union africaine et à son programme du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique en Afrique centrale (MSRC-AC).

Lors de la neuvième session du mécanisme qui s’est tenue récemment à Brazzaville, toutes les parties concernées ont adopté le troisième programme indicatif commun (CIP-III), qui vise à renforcer la diversification et la résilience économique en Afrique centrale et à accroître le taux d’échange intrarégional de 5% grâce à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) au cours des cinq prochaines années.

L’appui à la formulation du Plan directeur consensuel des transports pour l’Afrique centrale (PDCT-AC) compte parmi l’une des contributions les plus importantes du BSR-AC au développement des infrastructures en Afrique centrale, la sous-région la moins reliée du continent.

Le PDCT-AC a renforcé la confiance des investisseurs de ce secteur et guidé les efforts déployés aux niveaux national et régional pour rendre la sous-région plus accessible. En conséquence, 36 nouvelles routes ont été construites sur 6 008 km. D’autres réalisations sont l’élaboration du code de l’aviation civile d’Afrique centrale et des infrastructures portuaires au Cameroun et à Sao Tomé-et-Principe.

En tant que principal initiateur du rapprochement CEMAC-CEEAC et membre du Comité de pilotage pour la rationalisation des communautés économiques régionales en Afrique centrale (COPIL), la CEA apporte un soutien régulier au processus d’harmonisation et de rationalisation en cours des programmes, politiques et instruments de la CEEAC et de la CEMAC, aboutissant à une fusion des deux organisations.

En outre, pour soutenir la mise en œuvre du plan d’action de l’Union africaine visant à stimuler le commerce intra-africain (BIAT), le BSR-AC a formé plus de 200 experts issus d’administrations nationales et du secteur privé gabonais, camerounais, tchadien, congolais et la République démocratique du Congo sur les instruments pertinents d’accès au commerce et aux marchés afin de tirer pleinement parti du régime commercial préférentiel harmonisé CEEAC-CEMAC.

Vers un centre d’excellence sur les questions de diversification économique

Pour concrétiser le Consensus de Douala, le Bureau sous-régional a l’ambition de devenir un centre d’excellence en matière de diversification économique, une étape qui a déjà été initiée, notamment par ses travaux au Cameroun, au Tchad et en Guinée équatoriale.

Son corpus croissant de connaissances et de pratiques en matière de diversification économique verticale et horizontale, ainsi que son plaidoyer sur la nécessité de mesures anticycliques bien ordonnées pour accroître les capacités de production, renforcer la compétitivité des entreprises et accélérer le rythme de l’industrialisation et du commerce intra-régional en Afrique centrale, font du SRO-CO le premier interlocuteur fiable dans ces domaines, contribuant ainsi à une plus grande reconnaissance de nom et à une plus grande influence politique du Bureau en Afrique centrale.

« C’est un motif de célébration », a déclaré Antonio Pedro, directeur du SRO-CA. « Mais, a-t-il ajouté, cela implique aussi plus de responsabilités. Nous devons renforcer nos capacités internes, améliorer notre orientation client et forger des partenariats intelligents avec des experts de renommée mondiale et réfléchir de manière à pouvoir proposer des solutions uniques, adaptées au contexte de nos États membres ».

« Nous devons également aider nos États membres à comprendre quelle est leur proposition de valeur nationale et leur proposer des outils macro-économiques et de modélisation pertinents pour qu’ils puissent intervenir avec plus d’autorité dans des forums essentiels, y compris lors des négociations au titre de l’article IV », a fait remarquer Pedro.

« Il est aujourd’hui question de trouver un juste équilibre entre l’urgente pression de rétablir la stabilité macroéconomique par le biais de programmes d’ajustement structurel et la nécessité de continuer à rechercher des investissements anticycliques pour renforcer les capacités de production de la région. Le court-termisme seul ne réalisera pas l’agenda « Made in Central Africa », a-t-il conclu.

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