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Edgard Mfouba : ‘’Nous cherchons à avoir un tissu de PME qui puisse devenir consistant …’’

Ancien cadre de BGFIBank, la première banque d’Afrique centrale, Edgard Mfouba, DG d’Okoumé Capital  décline sa vision d’Okoumé Capital.

Le fonds de capital-investissement, filiale du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), doté de 20 milliards de F CFA (30,5 millions €) et qui porte le nom de l’arbre le plus répandu au Gabon, a reçu 102 demandes pour 13,8 milliards de F CFA (21 millions €) depuis son lancement opérationnel en mai dernier.

Quels sont les secteurs prioritaires ?

Les secteurs d’intervention priorisés sont en phase avec le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) (Gabon vert, Gabon des services et Gabon industriel), mais, dans la mesure où nous nous intéressons à l’ensemble de la chaîne de valeur, nous sommes finalement tout secteur d’activité en matière de financement.

Dans notre portefeuille en demande, nous n’avons pas de secteur prédominant, les demandes sont variées (numérique, sécurité, agroalimentaire, santé, cosmétique…). Nous sommes cependant très regardants sur la qualité des projets, ce n’est pas la course aux financements, nous voulons financer des structures qui auront un impact économique dans la création de valeur et dans la création d’emploi, qui est fondamentale. Nous cherchons à avoir un tissu de PME qui puisse devenir consistant et tenir la dragée haute à des concurrents qui parfois viennent de l’extérieur.

Et les projets de la diaspora ?

La diaspora nous intéresse, notre système d’entrée en relation est numérisé et en ligne, nous avons des dossiers qui viennent des États-Unis et même de France. Dans les mois à venir, nous ferons des actions orientées vers cette population, qui peut apporter des compétences, des technologies ou des savoir-faire dans la chaîne de valeur des activités que nous allons financer.

Quand les premiers fonds seront-ils alloués ?

Nous n’allons pas procéder par campagne, mais répondre au fil de l’eau. Premier opérateur de capital-investissement du Gabon, nous rentrons dans le capital social des sociétés, avec toutes les appréhensions qui peuvent exister ailleurs, dans les pays où le capital-investissement est abouti.

Cependant, nous sommes dans une démarche positive, qui nous fait dire que nous aurons des dossiers montés d’ici à la fin de l’année. Nous nous sommes donné un objectif ambitieux de débloquer les fonds un mois à compter de la validation finale du dossier.

Le capital-investissement a besoin que le promoteur nous fasse la démonstration de l’existence d’un marché et de la rentabilité de son projet, nous ne pouvons garantir son propre délai de réponse. Mais ce que je peux vous dire c’est que sur les 102 demandes, 58 sont en attente d’informations complémentaires pour 9 milliards de FCFA (13,7 millions €).

Quels sont vos objectifs de rentabilité ?

Nous souhaitons nous adosser à des taux de Retour sur investissement (TRI) sectoriels ; de manière générale, nous visons en moyenne 15 % de TRI, mais nous regardons aussi l’impact social des projets. Nous sommes un investisseur transitoire et nous restons maximum cinq ans dans une entreprise, avant de rétrocéder nos parts au porteur de projet. Par ailleurs, nous avons cinq ans pour allouer les 20 milliards de FCFA, mais cela peut être plus rapide.

Qui sélectionne les dossiers ?

Nous avons une gouvernance interne et un dispositif opérationnel qui est en train de se mettre en place. Nous sommes pour l’instant quatre chargés d’affaires et responsables d’investissements et nous bénéficions de la fonction support de notre maison mère, qui a une expertise en la matière.

Après une présélection au cours de laquelle nous démontrons avec le promoteur l’existence d’un marché, nous transférons une note de synthèse au comité d’investissement du conseil d’administration d’Okoumé Capital, qui comprend 8 membres. Si ces derniers décident d’investir, nous entrons dans la phase de restructuration juridique de la nouvelle société et nous mettons en place un plan de développement stratégique et un dispositif d’accompagnement et de suivi.

Le Conseil d’administration comprend entre autres Gaëlle Bitéghé, DG d’Ecobank Gabon, Jean-Baptiste Bikalou, PDG de PetroGabon, Serge Mickoto, administrateur directeur général du FGIS, ou encore Liban Soleman, coordonnateur du PGSE.

Prévoyez-vous une nouvelle levée de fonds ?

Nous avons 20 milliards de F CFA, c’est largement suffisant pour démarrer une activité de capital-investissement dans notre pays. Nous avons un ticket d’investissement, sous forme de fonds propres et de quasi-fonds propres, de 30 millions de F CFA, qui peut aller jusqu’à 1 milliard. Beaucoup de projets tournent autour de 150-200 millions de F CFA.

Notre premier objectif est de réaliser des retours sur investissement. Nous avons besoin d’avoir la confiance des investisseurs qui voudraient abonder notre fonds actuel, nous ne nous précipitons pas à six mois à chercher ces fonds-là, alors que nous en avons qui attendent d’être investis. En revanche, nous pouvons faire de la gestion pour compte de tiers. Donc, pour répondre à votre question, pas avant deux ans, sauf s’il y a un intérêt manifesté en face.

En effet, il y a des indices de multinationales qui, dans leur responsabilité sociale et environnementale, voudraient appuyer leurs sous-traitants, pas forcément bien structurés et en manque de fonds. Demain nous pourrions faire de la gestion pour compte de tiers pour des sociétés qui voudraient bien mettre des fonds à la disposition de leurs sous-traitants.

Vous pensez à Olam ?

Je pense à toute société multinationale installée dans notre pays qui voudrait améliorer la qualité de ses sous-traitants et permettre leur éligibilité au crédit court terme des banques. Olam ne nous a pas manifesté cet intérêt-là, nous ne sommes pas en discussion avec eux.

Bio express

Diplômé d’un master en banque et assurance à l’université d’Orléans et d’un DUT d’informatique, Edgard Mfouba, après un passage en middle office chez HSBC Asset Management en France, entre en 2003 en tant qu’auditeur interne chef BGFIBank à Libreville.

Il travaille notamment sur les questions de certification qualité de la banque. En 2011, il se lance dans l’audit, le conseil et le diagnostic financier à son compte et collabore avec un cabinet de conseil gabonais, Parthenon Finances. Porté par ses expériences de la banque et de l’entrepreneuriat, Edgard Mfouba entend développer le capital-investissement au Gabon, sans se précipiter pour lever davantage de fonds, travailler avec la diaspora et gérer à terme des fonds pour compte de tiers.

Avec Jeune Afrique Business+

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