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Les femmes journalistes d’Afrique veulent améliorer l’image du continent sur les questions migratoires

Réunies à Casablanca du 25 au 27 octobre, à l’occasion de la deuxième édition des Panafricaines sous l’initiative du groupe de presse marocain 2M, plus de deux cents femmes venues de 55 pays viennent de poser les bases d’un plan d’action d’une année pour améliorer l’image de l’Afrique sur les questions migratoires.

Après trois jours d’échanges riches en information autour de la thématique portée par les professionnelles des médias africains: « La Migration africaine : une chance pour l’Afrique, une responsabilité des médias », les femmes journalistes du continent, sous l’impulsion de la deuxième radio marocaine 2M, se sont engagées à déconstruire les stéréotypes fondés sur la migration africaine  à travers une feuille de route tracée par l’ensemble des participants, en présence du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, et du président du Conseil marocain des droits de l’homme, Driss El Yazami .

Ce projet lancé par Fathia Elaouni, rédactrice en chef de la radio 2M, vient de marquer son deuxième succès une année après sa mise en place en 2017. En effet, les journalistes se sont engagées, à l’issue de leurs assises, de parler d’une seule voix afin de donner une image positive de la migration africaine à travers les échanges des informations fouillées et justes sur la question.

Notons que dans l’objectif d’élaborer une feuille de route conséquente, les Panafricaines ont été suivies durant les travaux en ateliers par des experts en la matière. « Ce phénomène croissant touche de plus en plus les jeunes enfants, on estime son ampleur à des milliers d’entre eux mais des chiffres ne sont pas disponibles. Ces enfants en danger méritent d’être protégés », a souligné Najat Mjid, experte indépendante des droits de l’enfant auprès des Nations unies et fondatrice de l’association Bayti pour les enfants de la rue, qui a suivi les travaux du groupe 2 portant sur le sous-thème « Mineur en errance, comment cerner ce phénomène ».

Une initiative saluée par la diplomatie marocaine

Le séjour des professionnelles des médias en terre marocaine leur a donné le privilège d’échanger avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, qui a encouragé l’initiative avant de leur annoncer l’adoption sous peu du Pacte mondial pour les migrants prévus lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres des Nations unies, le 10 décembre, à Marrakech, au Maroc. Il a  ainsi présenté les enjeux du continent sur ces questions et la nécessité pour les pays africains de coordonner leurs actions.

Cette annonce a fortifié les journalistes qui ont, d’ailleurs, fait un plaidoyer en faveur des mineurs en danger, lequel plaidoyer sera présenté à la table des chefs d’Etat des Nations unies. « Nous voulons un traitement plus juste, équitable de la question migratoire et que la voix de l’Afrique sur cette question soit portée par nous les Africains », a souligné, pour sa part, Salim Cheick, directeur général du groupe 2M.

La feuille de route adoptée par les Panafricaines classe la migration féminine en tête des priorités pour l’année 2018-2019 avec 22% de voix. Le traitement journalistique des questions migratoires vient en second lieu avec 18% de voix alors que les sous-thèmes sur la priorité de disposer des données fiables et les mineurs en errance ont eu le même nombre de voix 16%, suivis du sous-thème de la migration climatique 14% et 13% pour le sous-thème « Migrations intra-africaines ».

L’organisation sera coordonnée par un comité de suivi, un comité de pilotage  et un conseil de sage qui assureront la pérennisation  de l’action des Panafricaines durant une année. Cette structuration du réseau les Panafricaines permettra aussi de contribuer au renforcement des capacités de ses membres.

Intervenant sur la politique migratoire au Maroc,  Driss El Yazami a souligné que le Maroc a pris acte d’une réalité fondamentale et essentielle comme quoi la migration est d’abord Sud-Sud. « 85% des migrants restent en Afrique. Chaque pays est aujourd’hui un pays de départ de transit et de destination. Le Maroc est un pays de migration et voilà pourquoi il a entamé cette politique en 2013. Il y a eu deux opérations de régularisation qui ont permis de régulariser soixante mille personnes et aussi la stratégie nationale d’intégration. Nous sommes à une phase importante qui est celle d’adoption des textes législatifs », a-t-il dit.

Et d’ajouter que le gouvernement travaille actuellement sur un projet de loi sur la migration qui va remplacer la première loi. « Je crois que le gouvernement va nous le transmettre pour avis », a-t-il espéré.

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